Pour en finir avec la gestion réactive des catastrophes, le projet d’envergure lancé par l’ANACIM avec un géant américain

L’Agence Nationale de l’Aviation Civile et de la Météorologie (ANACIM) franchit un cap décisif dans la protection des populations face aux aléas naturels. En collaboration avec une administration américaine de premier plan, un nouveau dispositif a été officialisé ce mardi pour transformer la donnée météorologique en bouclier de sécurité civile.

Le changement de paradigme est acté. Ce mardi 20 janvier 2026, les autorités sénégalaises ont lancé une initiative qui entend rompre avec la gestion purement réactive des catastrophes naturelles. En partenariat avec l’Administration Nationale Américaine des Océans et de l’Atmosphère (NOAA), l’ANACIM a dévoilé le projet NOAA-NEWS. L’ambition affichée est de faire de l’alerte précoce un véritable service public, capable d’atteindre chaque citoyen avant que le danger ne survienne.

Une nécessité vitale face à l’urgence climatique

Le contexte impose cette accélération. L’Afrique, bien que faible émettrice de gaz à effet de serre, subit de plein fouet la recrudescence des phénomènes extrêmes : inondations dévastatrices, sécheresses prolongées ou érosion côtière. Pour Diaga Basse, directeur général de l’ANACIM, l’approche doit changer radicalement. « Face aux défis climatiques, notre meilleure réponse demeure l’anticipation, la science et la solidarité », a-t-il déclaré lors de la cérémonie de lancement relayée par Sud Quotidien.

L’objectif est de fournir une information fiable et opportune, non seulement pour sauver des vies humaines, mais aussi pour préserver des infrastructures dont la valeur est estimée à plusieurs milliards de francs CFA. « L’alerte précoce n’est plus une option, mais une nécessité vitale », a insisté le responsable.

Un déploiement sur trois ans

Ce projet structurant, prévu pour une durée initiale de trois ans renouvelable, repose sur une mécanique précise. Il s’articule autour de cinq piliers fondamentaux destinés à renforcer les capacités nationales : l’amélioration des systèmes d’observation, le transfert de technologies de pointe, le renforcement des compétences humaines, l’interopérabilité des plateformes et l’optimisation de la diffusion des alertes.

L’enjeu dépasse les frontières sénégalaises. Wassila Mamadou Thiaw, directeur adjoint du Centre de prévision climatique de la NOAA, précise que cette initiative vise à soutenir la sécurité humaine et le développement durable dans 53 pays africains. Au Sénégal, les retombées concerneront directement des secteurs clés comme l’agriculture, la pêche, la santé et l’aviation.

Pour Agnès Kijazi, directrice du Bureau régional pour l’Afrique de l’Organisation météorologique mondiale, ce partenariat illustre parfaitement la « coopération scientifique au service de la résilience climatique ». Le but ultime reste de transformer l’information scientifique en décision publique concrète pour anticiper les chocs plutôt que de les subir.

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