Samedi à Dakar, en marge d’une session de soutenance de mémoires, le général Jean-Baptiste Tine a déclaré : « Ces nouvelles réalités nécessitent davantage d’expertises policières dans les opérations de paix ».
D’après l’APS, dix auditeurs du Centre africain d’intelligence stratégique (CIS Paix) présentaient leur mémoire de fin de cycle, un master 2 en gouvernance sécuritaire, criminologie et géopolitique. Cette session se tenait en prélude à un colloque international sur la sécurité sanitaire programmé en 2027.
Parmi eux, Christian Tine a soutenu une analyse comparative des unités de police constituées (FPU) dans deux missions onusiennes : la MINUSCA en Centrafrique et la MINUSMA au Mali. Membre du jury, le général Jean-Baptiste Tine a qualifié ce travail de « très intéressant », estimant qu’il avait été mené « avec beaucoup de rigueur » et qu’il apportait « un éclairage pertinent » sur l’évolution des missions policières en situation de crise.
L’ancien ministre de l’Intérieur a expliqué que les conflits contemporains, « essentiellement intraétatiques, diffèrent profondément des conflits classiques entre États ». Cette mutation place les droits humains, la sécurité publique et la criminalité organisée au centre des interventions internationales, ce qui justifie le recours croissant aux forces de police. Il a défendu une approche intégrée, mêlant volets civil, militaire et policier.
Sept des dix travaux portaient sur la criminalité pharmaceutique et le trafic de médicaments, un fléau qui frappe durement le Sénégal et l’Afrique de l’Ouest. Les candidats étaient issus de la Police nationale, de l’inspection pharmaceutique et des Nations unies.
Le Sénégal, engagé de longue date dans les opérations de maintien de la paix, a déployé près de 50 000 militaires, gendarmes et policiers sous le drapeau de l’ONU depuis 1960. Le général Tine a d’ailleurs relevé que « les contingents policiers engagés dans ces opérations acquièrent une expérience professionnelle et humaine précieuse qui bénéficie ensuite à leurs administrations nationales ».
