Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a alerté sur les dérives menaçant l’ordre mondial lors de son déplacement en Espagne. À la veille d’un rassemblement des dirigeants de la gauche internationale à Barcelone, le chef d’État s’est exprimé sur les conséquences d’un affaiblissement institutionnel.
Selon les informations rapportées par Insider Paper, le dirigeant brésilien a affirmé vendredi que les reculs démocratiques ouvrent la voie à des régimes autoritaires comparables à celui d’Adolf Hitler. « Ce que nous voulons, c’est dialoguer et voir si nous pouvons trouver une solution pour renforcer le processus démocratique dans le monde, afin de ne permettre aucun recul », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, avant de préciser : « Parce que lorsqu’il y a un recul, un Hitler apparaît. »
Cette déclaration intervient avant la réunion de samedi, baptisée « En défense de la démocratie », visant à unir les forces progressistes face à la montée des courants de droite et d’extrême droite. Plusieurs figures politiques sont attendues en Catalogne, dont le président sud-africain Cyril Ramaphosa, la Mexicaine Claudia Sheinbaum, le Colombien Gustavo Petro, le chef du Conseil européen Antonio Costa et la présidente irlandaise Catherine Connolly. MM. Lula, Sanchez et Ramaphosa prendront également la parole lors de la clôture d’un événement parallèle réunissant des acteurs sociaux et des penseurs sur deux jours.
Le contexte mondial actuel, marqué par les conflits en Ukraine, à Gaza et en Iran, participe à l’érosion du système de coopération piloté par les Nations Unies depuis la Seconde Guerre mondiale. Des perturbations commerciales, notamment engendrées par les droits de douane de Donald Trump, ont également été identifiées comme des facteurs d’instabilité. Face à ces constats, Pedro Sanchez a souligné que l’ordre multilatéral devait être amélioré et renouvelé, les institutions démocratiques étant actuellement ciblées par la désinformation et des vagues réactionnaires.
En marge de ces rencontres politiques, le sommet bilatéral entre l’Espagne et le Brésil a abouti vendredi à la signature de plusieurs accords. Ces documents portent sur la lutte contre la criminalité, la discrimination et les violences basées sur le genre, ainsi que sur la coopération économique et l’intelligence artificielle.