Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s’est prononcé sur la situation de son homologue vénézuélien Nicolas Maduro, actuellement détenu aux États-Unis à la suite de son enlèvement par l’armée américaine. Lors d’une récente entrevue, le chef d’État a défini un cadre strict concernant les éventuelles poursuites judiciaires visant le dirigeant sud-américain.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Lula da Silva exige que tout procès à l’encontre de Nicolas Maduro se tienne exclusivement devant une juridiction vénézuélienne. « Je crois que si Maduro doit être jugé, il doit l’être dans son pays, et non à l’étranger », a-t-il déclaré. Le président brésilien a insisté sur la nécessité de résoudre cette situation en interne, rejetant toute ingérence extérieure et rappelant l’historique des dictatures soutenues par les États-Unis en Amérique latine, notamment au Chili, en Argentine et en Uruguay.
Cette prise de position intervient après l’opération militaire ordonnée par Donald Trump le 3 janvier, ayant conduit à la capture de Nicolas Maduro et de son épouse, Cilia Flores, lors d’un raid nocturne à Caracas. Transféré à New York, le dirigeant vénézuélien fait face à des accusations de trafic de drogue formulées par les autorités américaines. Une intervention fermement condamnée par Lula : « Nous ne pouvons accepter qu’un chef d’État d’un pays puisse en envahir un autre et capturer le président. »
Le média qatari souligne un décalage entre les accusations américaines et les propres données de Washington, qui ne classent pas le Venezuela parmi les principaux producteurs mondiaux de stupéfiants. En parallèle, Donald Trump a ouvertement fait valoir ses intérêts pour les réserves pétrolières vénézuéliennes depuis l’éviction de Maduro, invitant les compagnies américaines à les exploiter. Pendant ce temps, à Caracas, la présidente par intérim Delcy Rodriguez a entamé un processus de libération concernant des centaines de personnalités politiques et de militants incarcérés depuis 2013.