Sommet en Colombie : le président brésilien dévoile la ressource stratégique ciblée par les interventions américaines

Lors d’un sommet de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (CELAC) organisé en Colombie, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a prononcé un discours offensif contre l’attitude des puissances étrangères à l’égard des pays en développement. Devant un parterre de dirigeants, il a dénoncé une résurgence des pratiques d’ingérence, ciblant particulièrement les récents actes de l’administration américaine dans la région.

Selon les informations diffusées par la chaîne Al Jazeera, le chef d’État brésilien a alerté sur une nouvelle forme d’accaparement économique. Après avoir rappelé le pillage historique de l’or, de l’argent et des diamants en Amérique latine, Lula a affirmé que les puissances extérieures convoitent désormais les minéraux critiques et les terres rares du continent. « Ils veulent nous coloniser à nouveau », a-t-il déclaré aux délégués présents, soulignant l’intérêt marqué des États-Unis pour les gisements brésiliens.

Pour illustrer cette politique qu’il assimile à une volonté de domination, le président brésilien a énuméré plusieurs actions menées par l’administration de Donald Trump. Il a notamment cité l’enlèvement, le 3 janvier dernier, du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro par les forces américaines pour être jugé à New York, ainsi que le blocus sur les carburants imposé à Cuba. Les sanctions économiques touchant directement le Brésil, comme l’imposition de droits de douane de 50 % justifiés par le procès de l’ancien président Jair Bolsonaro, ont également été pointées du doigt. Notre rédaction rappelle que l’interventionnisme de Washington dans la région s’inscrit dans le sillage historique de la doctrine Monroe.

Le discours s’est ensuite élargi aux conflits internationaux. Lula a vivement critiqué la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran depuis le 28 février. Il a établi un parallèle direct avec l’invasion de l’Irak en 2003, rappelant que l’argument des armes de destruction massive avait été utilisé à l’époque. « L’Iran a été envahi sous le prétexte qu’il construisait une bombe nucléaire », a-t-il souligné, avant de s’interroger publiquement sur l’endroit où se trouvaient les armes chimiques de Saddam Hussein qui n’ont jamais été découvertes.

Cette dénonciation s’est accompagnée d’une critique sévère des institutions internationales. Candidat à un quatrième mandat non consécutif aux élections d’octobre prochain, Lula a qualifié d’« échec total et absolu » l’incapacité des Nations Unies à stopper les hostilités à Gaza, en Ukraine et en Iran. Il a réitéré sa demande de réforme du Conseil de sécurité de l’ONU, paralysé selon lui par le droit de veto de ses cinq membres permanents.

Le président colombien Gustavo Petro, hôte du sommet et récemment désigné comme « cible prioritaire » par l’agence américaine antidrogue (DEA), a appuyé cette position. Il a déploré l’impuissance de l’ONU face à la multiplication des guerres, avertissant que l’absence d’action collective face aux crises majeures, notamment climatiques, mène à la barbarie.

Ce sommet a été marqué par une participation relativement faible des chefs d’État d’Amérique latine et des Caraïbes. Seuls les présidents du Brésil, de l’Uruguay, du Burundi et de la Colombie, ainsi que les Premiers ministres du Guyana et de Saint-Vincent-et-les-Grenadines ont fait le déplacement, illustrant les profondes divisions qui traversent actuellement le continent.

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