L’ANSTS et le CSE préparent une feuille de route pour le littoral à Dakar

« Le littoral doit être protégé et non agressé. Or actuellement, il est agressé, il est pollué, il est occupé de manière désordonnée », a déclaré le professeur Ibrahima Ly, vice-président de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS).

Un atelier de cadrage ouvert lundi à Dakar doit permettre d’élaborer une feuille de route pour le littoral sénégalais. L’initiative de l’ANSTS, menée avec le Centre de suivi écologique (CSE), vise à actualiser l’état des lieux et à fixer les actions prioritaires.

L’urgence est particulièrement visible à Mbour, où l’érosion côtière menace à la fois les habitations, les infrastructures publiques, les établissements touristiques et les installations de pêche artisanale. Des milliers d’emplois liés à la pêche, au mareyage, au petit commerce et au tourisme sont ainsi exposés. Face à cette situation, Enda-MadeSahel a interpellé le préfet de Mbour sur les conséquences sociales et économiques du phénomène.

Comme le rapporte l’APS, Dr Ousmane Kane, vice-président de l’ANSTS et président de la section des sciences agricoles, souhaite une mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteurs. Scientifiques, économistes et juristes sont notamment concernés par cette approche destinée à organiser leur travail en synergie.

Ibrahima Ly a insisté sur la nécessité de faire le point des connaissances scientifiques, en raison des transformations subies par le littoral. Il a également évoqué le contrôle des occupations et la recherche de financements. Selon lui, l’effort ne devrait pas reposer uniquement sur l’État : le secteur privé, les partenariats publics-privés et les partenaires au développement pourraient aussi contribuer.

Le professeur Ly a par ailleurs rappelé que le Sénégal ne dispose pas encore d’une loi spécifique sur le littoral, même si un projet est discuté depuis plusieurs années.

Pour Hamidou Datt, directeur général de la Recherche et de l’Innovation, la gestion du littoral implique plusieurs facteurs, dont la montée du niveau de la mer, l’érosion côtière, la spéculation foncière, la pollution et les activités des populations et des pêcheurs. Il a estimé qu’il fallait rechercher un modèle d’intégration plutôt que d’écarter un acteur.

Cette réflexion intervient dans un contexte marqué par l’entrée du Sénégal dans la production pétrolière et gazière. La rencontre rassemble des chercheurs, des représentants de ministères, des partenaires techniques et financiers, des membres de la société civile ainsi que des acteurs locaux.

L’atelier doit s’achever mardi.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l'exprimer dans un langage respectueux.

";

Laisser un commentaire