Sécurité offshore : Bécaye Diop, Dg de l’ANAM invite à la synergie, pour faire de notre façade maritime et de nos fleuves un sanctuaire inviolable

Avec l’exploitation des ressources pétrolières et gazières, la sécurisation de la façade maritime est devenue une priorité absolue pour le Sénégal. Lors de l’ouverture d’un atelier national dédié à la surveillance maritime et fluviale, le Directeur général de l’Agence nationale des Affaires maritimes (ANAM), Bécaye Diop, a exposé la nouvelle doctrine de l’État pour optimiser le contrôle de ses eaux.

Et d’indiquer que « nos eaux sont le poumon de notre économie, le garde-manger de notre peuple et, désormais, le coffre-fort de nos ressources énergétiques. Mais cette richesse attire les convoitises et nourrit les périls. Piraterie, trafics illicites, pillage halieutique, péril migratoire, pollutions… La menace est protéiforme, elle est mobile, elle est insidieuse. À cela s’ajoute le défi titanesque de l’ère pétrolière et gazière. 

Selon les informations rapportées par le journal « Le Quotidien », la liste des menaces pesant sur les eaux sénégalaises s’est considérablement complexifiée. Aux défis documentés tels que la piraterie, la pêche illicite, la pollution, le pillage halieutique, les trafics transfrontaliers et les migrations clandestines, s’ajoute désormais l’impératif stratégique de protéger les plateformes offshores qui sont des organes vitaux de la nation qu’il nous faut protéger avec une vigilance de chaque instant ».

Pour matérialiser cette vision, Bécaye Diop a identifié un obstacle opérationnel majeur : le manque de coordination entre les différentes unités opérant en mer. Il a appelé à une synergie totale impliquant la Marine nationale, l’Armée de l’air, la gendarmerie, la police, les Douanes… 

L’objectif affiché par l’ANAM est de faire de notre façade maritime et de nos fleuves un sanctuaire inviolable. Et cela, en en synergie, afin que nous agissions comme une entité unique, car « nous ne sommes pas des entités distinctes, mais plutôt les doigts d’une même main. Notre défi est de transformer cette main en un poing serré, capable de frapper ou de protéger avec précision. Nous devons briser les cloisonnements pour bâtir une approche intégrée, où l’information circule à la vitesse de la lumière et où la réaction est foudroyante ».

Cette réorganisation s’accompagne d’un déploiement technologique ciblé. La surveillance satellitaire, l’utilisation de drones et l’Intelligence artificielle sont désormais intégrées comme des outils de premier plan pour anticiper les menaces. Le Directeur général a, aussi, précisé que ces technologies ont vocation à renforcer l’intervention humaine, et non à s’y substituer.

Au-delà de l’acquisition du patrouilleur « Fouladou », qui selon M. DIOP, « n’était pas un achat, mais un acte de souveraineté, la formation de 4 000 capitaines, seconds capitaines et marins artisans, n’était pas de la pédagogie, mais de la consolidation citoyenne », des projets structurants ont été dévoilés lors de la rencontre. L’un des plus marquants entre eux, semble être la création prochaine d’une Académie nationale maritime, qui sera couplée à une modernisation globale du système de veille côtière.

Cette dynamique d’unification est appuyée par le ministère des Pêches et de l’Economie maritime (MPEM). Représentant la tutelle lors de cet atelier, le Colonel Yoro Thiam, Haut fonctionnaire de Défense au MPEM, a insisté sur l’urgence d’aboutir à des solutions concrètes et rapidement applicables. Une efficacité qui, selon lui, reste strictement conditionnée par un partage fluide d’informations entre toutes les institutions de l’État.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire