Lors du dernier Conseil des ministres, le chef de l’État a ordonné la mise en place de réponses structurelles face à l’avancée de la mer. Une orientation stratégique qui, selon le géographe-environnementaliste Abdou Sané, impose une relecture immédiate d’un dossier industriel controversé situé sur le littoral sud du pays.
La protection des côtes sénégalaises est revenue au centre des priorités gouvernementales. Le Président de la République a explicitement demandé, lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, des solutions durables contre les menaces de l’érosion côtière. Cette directive présidentielle sert aujourd’hui d’argumentaire technique pour remettre en question la pertinence de l’exploitation minière dans certaines zones vulnérables.
Dans une contribution relayée par nos confrères de Sud Quotidien, Abdou Sané, expert en réduction des risques de catastrophe, interroge la cohérence de l’État. Il pointe spécifiquement le projet d’exploitation du zircon de Niafrang, situé en bordure littorale en Casamance. Pour le géographe, il existe une incompatibilité manifeste entre la volonté affichée de protéger le trait de côte et le maintien d’une activité extractive sur ce site précis.
La paix sociale priorisée sur les ressources
Au-delà de l’aspect environnemental, l’expert soulève la question de la stabilité régionale. La Casamance, qui connaît une phase de consolidation de la paix, ne devrait pas, selon lui, être exposée aux tensions que génèrent souvent les industries extractives. Abdou Sané estime que les retombées financières et les promesses d’emplois du projet de Niafrang ne pèsent pas suffisamment lourd face à la « valeur de la paix sociale retrouvée ».
Qualifiant l’approche actuelle de « bassement alimentaire et mercantiliste », il invite le gouvernement à « tourner la page » de cette aventure industrielle. Pour l’environnementaliste, l’attitude responsable consisterait à renoncer définitivement à la mine de Niafrang pour explorer des alternatives économiques plus sûres, éloignant ainsi les populations locales du spectre de la « malédiction » des ressources naturelles.