La CENTIF sénégalaise peut-elle concilier souveraineté financière et adaptation technologique ? Dans son rapport d’activités 2025, rendu public sous l’autorité de son président Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, la cellule érige la vigilance financière en pilier de la souveraineté nationale. Selon Financial Afrik, dont l’article a été repris par Africtelegraph, le document insiste sur le lien organique entre maîtrise des flux financiers et protection des ressources publiques.
La CENTIF, créée dans le cadre des engagements du Sénégal au sein de l’UEMOA, collecte et analyse les déclarations de soupçon des banques, assurances et opérateurs de transfert. Le rapport 2025 met en avant la montée en puissance des signalements non bancaires, mais aussi la complexification de la traçabilité due à l’expansion rapide de la monnaie électronique et des fintechs. La cellule doit s’adapter constamment face aux nouvelles typologies de blanchiment via les crypto-actifs.
Le contexte régional est tendu : plusieurs pays ouest-africains figurent encore sur les listes de surveillance renforcée du GAFI, ce qui renchérit le coût du crédit transfrontalier. Pour le Sénégal, sortir et rester hors de ces listes grises conditionne le financement des projets gaziers et infrastructurels. Le rapport souligne aussi l’intensification des échanges avec les cellules homologues du groupe Egmont et la justice sénégalaise. Mais les défis restent substantiels : volume croissant de déclarations, moyens humains et numériques insuffisants, besoin de professionnalisation des analystes (Africtelegraph).