KIIRAAY – Les Patriotes républicains : « Un parti des Sénégalais, pour les Sénégalais et par les Sénégalais », (Papa Abdou Fall)

Lorsque, à King Fahd Palace, le nom du parti présidentiel est proclamé, tout le monde a acclamé, tant il rend compte remarquablement de la vision et des ambitions de Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye le Président de la République du Sénégal, ce pays de paix, de téranga, d’hospitalité, de culture et de dialogue.

Ce beau peuple ne peut avoir meilleur (nom de) parti politique que celui que les Sénégalais ont découvert le 25 juillet 2026. La satisfaction que procure KIIRAAY – Les Patriotes républicains est d’autant plus grande que ce parti présidentiel est, sitôt né, entré mémorablement dans l’histoire du Sénégal, de l’Afrique et du monde.

Tout le monde reconnaît l’honneur que le Président a fait aux langues nationales. Ce que l’on sait moins, c’est que sa démarche est sous-tendue par une logique dont il importe de reconnaître les vertus. Kiiraay est un mot wolof usuel très bien connu des Sénégalais. Privilégier ce vocable de la langue véhiculaire wolof parlée par plus de 80 % des Sénégalais, c’est poser un acte décolonial par excellence et reconnaître que la souveraineté est aussi d’ordre linguistique. François-Bernard Huyghe dit que « les luttes pour les dénominations sont des luttes pour la domination ».

Il a d’autant plus raison qu’elles constituent aussi des luttes contre la domination. Tout dépendant de la logique de dénomination privilégiée. Le Président de la République a choisi la bonne logique. Il a opté pour la logique endogène de dénomination.*

Kiiraay dérive du verbe yiir. Selon les pénétrantes analyses du linguiste Mbacké Diagne, « kiiraay vient du verbe yiir qui signifie protéger, couver. Le passage de verbe à nom nécessite en wolof l’application de l’alternance consonantique y/k. De yiir pour le verbe on est à kiir substantif qui s’est accolé un suffixe dérivatif aay qui est un instrumental et le résultat c’est le nom kiiraay signifiant ‘‘qui sert à protéger’’. » Nous retrouvons yiir dans l’une des formes de prières les plus répandues au Sénégal, peuple islamo-chrétien que l’adoration d’un seul Dieu (Allah, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, selon la terminologie pascalienne) unit et réunit autour de la Patrie, de la République.

Une telle prière est : « Yalla nala Yalla yiir » dont la dénotation première est « que Dieu vous protège ». Cette prière est si complète qu’il existe une diversité de protections divines que le détenteur de pouvoir doit avoir en vue comme un idéal vers lequel il tend et fait tendre pour le kiiraay de son peuple.

Kiiraay se retrouve aussi dans l’expression d’une prérogative exceptionnelle que procure l’Assemblée nationale du Sénégal : « malaanu kiiraay » qui se traduit littéralement par « couette de protection » et sert à désigner l’immunité parlementaire. Le malaanu kiiraay fait courir des (premiers) ministres plus rapidement que Usain Bolt, le légendaire athlète jamaïcain, pour entrer à l’Assemblée nationale. Autant s’aviser que Bassirou Diomaye Diakhar Faye, en donnant à sa formation politique le nom KIIRAAY, prend résolument le parti de promouvoir, au-delà de l’immunité parlementaire, l’immunité populaire et fait comprendre clairement que « la République protège tout le monde ».

Sur ce point, Son Excellence insiste inlassablement : « La République n’est pas une affaire de juristes ni un mot d’estrade. Elle est la maison qui abrite tous les citoyens. Elle protège celui qui prie à la mosquée, celui qui prie à l’église, comme celui qui ne prie pas. Elle protège celui qui a voté pour et celui qui a voté contre, celui qui soutient et celui qui s’oppose. Et c’est à cela que l’on reconnaît sa grandeur. » En ce sens, le symbolisme du parasol tenu rigoureusement par une main ferme au-dessus de la carte du Sénégal est révélateur.

La protection, le kiiraay, est le sens, l’essence et la quintessence de la politique du Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye qui se démarque de la petite politique décrite et décriée par Friedrich Nietzsche et dont beaucoup de politiciens sont des représentants acharnés. Cette protection est, à défaut d’être absolue, multiforme. Dans son discours à l’occasion du lancement de KIIRAAY – Les Patriotes républicains, Son excellence met en avant les protections sanitaire, routière, juridique et militaire.

Il souligne également la nécessité de la protection contre l’analphabétisme et la déperdition scolaire ainsi que le hold-up électoral. Toujours est-il qu’il prétend d’autant moins à l’exhaustivité qu’il a en vue, en privilégiant la dénomination KIIRAAY, une multiplicité de protections : protection sociale, protection culturelle, protection économique, protection des droits fondamentaux, protection numérique, protection des groupes vulnérables, protection de l’environnement, etc.

Cette conception holistique de la protection est gage de développement durable et constitue l’un des soubassements de Sénégal 2050 – Agenda national de transformation pour une nation SOUVERAINE, JUSTE, PROSPÈRE et ancrée dans des valeurs fortes. Bref, KIIRAAY est une invitation à la protection de ce projet politique dont Bassirou Diomaye Diakhar Faye est le garant, le Kiirlaay. En vérité, kiirlaay désigne celui ou ce qui procure le kiiraay, la protection.

En décidant d’être appelés Les Patriotes républicains et en se donnant comme slogan la patrie d’abord, les membres fondateurs de KIIRAAY s’insurgent contre l’attitude de tous les pseudo-patriotes qui n’ont qu’un rêve saper les fondements de la République, afin de trouver je ne sais quel raccourci qui mène à je ne sais quel pouvoir suprême. Un patriote digne de ce nom est nécessairement républicain. Le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye invite à éviter les pseudo-patriotes qui, apparaissant sous les oripeaux républicains, se moquent royalement des institutions. La métaphore agraire qu’il utilise est parlante : il faut séparer le dugub du jëmb ou, selon l’expression biblique, « le bon grain de l’ivraie ». Aussi, rassure-t-il tous les Sénégalais en assurant que nul n’aura plus l’opportunité de bafouer les institutions de la République.

La récurrence de Ndiaganiao dans le Discours de Son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye à l’occasion du lancement du Parti présidentiel est symptomatique de son souci de mettre en œuvre en politique les vertus agraires comme la patience, l’endurance, la foi, la passion, la compassion, le travail acharné, la solidarité, etc. J’ai séjourné à Ndiaganiao, cette ville natale du Président, du 29 juin 2026 au 11 juillet 2026. J’ai rendu visite à Samba Ndiagne Faye, le père du Président avec qui j’ai eu une longue discussion.

La famille du Président est enracinée dans les valeurs sénégalaises autant que le père est épris d’honnêteté, de probité et de justice. Autant de valeurs transmises au digne fils de Ndiaganiao : « Je termine où j’ai commencé, dans les champs de Ndiaganiao. Les miens ne m’ont pas laissé de fortune. Ils m’ont laissé mieux. Le goût de la terre, la patience des saisons, et cette vérité que l’on ne sème jamais pour soi, mais pour la saison d’après. »

Ndiaganiao est une ville de culture et d’agriculture. Ses habitants entretiennent des rapports fusionnels avec la terre. Ils cultivent autant les champs que les bonnes valeurs. C’est toute cette moisson de valeurs que le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye sème dans le domaine politique pour le bonheur de tous les Sénégalais.

Donc que tous les politiciens mythomanes et pyromanes méditent les leçons de politique de Son Excellence : « Permettez-moi de vous faire une confidence. Avant d’être l’homme qui se tient devant vous, j’ai été un enfant de Ndiaganiao qui marchait et courait dans les champs. Je viens d’une famille de paysans. J’ai grandi au rythme des semailles et des moissons, et c’est dans ce monde-là, bien avant les livres, que j’ai reçu sans le savoir, mes premières leçons de politique. »

Papa Abdou Fall, Professeur Assimilé,
UCAD, Département de Philosophie,
Vice-coordonnateur chargé de la communication
Réseau des Enseignants du Supérieur autour de Diomaye (RESUD).

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Un commentaire

  1. A la lecture de votre dithyrambe consacrée au nouveau parti présidentiel, une question s’impose: comment un universitaire peut-il produire une analyse aussi lisse, enrobant de grands mots ce qui ne reste qu’une communication politique ordinaire ?
    « Un parti des Sénégalais, pour les Sénégalais et par les Sénégalais »
    Ce serait un comble si ce parti était créé par des extraterrestres pour nous autres Sénégalais. Des slogans creux de la sorte ne servent pas leurs créateurs. De grâce, un peu plus d’imagination, monsieur l’universitaire.
    Votre texte multiplie les contorsions et les raccourcis :
    La tautologie déguisée en exploit: Présenter comme un acte « décolonial » le fait de choisir un nom wolof au Sénégal relève de l’illusion. Convoquer Nietzsche, Pascal et la linguistique pour habiller le mot Kiiraay ne suffit pas à masquer la vacuité du fond.
    Le grand écart sur l’immunité: Vous dénoncez l’immunité parlementaire (malaanu kiiraay) comme une fuite honteuse de politiciens corrompus, pour ensuite sanctifier ce même terme en « immunité populaire ». La contorsion est spectaculaire.
    Le culte du chef: En érigeant le Président en Kiirlaay (le Protecteur suprême) veillant sur tout, vous tombez en plein culte de la personnalité. Or, la République protège par des institutions impersonnelles, pas par la grâce d’un homme providentiel.
    Le romantisme agraire: Vos envolées pastorales sur Ndiaganiao et la « morale des champs » ne remplissent pas le panier de la ménagère. Les Sénégalais n’attendent pas des métaphores bibliques, mais des solutions à la cherté de la vie et au chômage.
    L’Université sénégalaise a toujours été le bastion de la rigueur et de la distance critique. Voir la philosophie mise au service d’un slogan d’appareil est une déception. Les citoyens méritent des débats d’idées, pas des hommages d’un autre temps.
    Le comble je ne suis même pas un des 2000 cadres (rires).

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