Kiiraay : le premier scrutin face au PASTEF sera un premier test pour Diomaye

Après la rupture avec le PASTEF d’Ousmane Sonko, Bassirou Diomaye Faye et Kiiraay-Les Patriotes Républicains se préparent à une échéance électorale qui dépassera le simple enjeu de sièges ou de communes. Le prochain scrutin doit mesurer l’ancrage propre de la formation présidentielle, dans un paysage où deux forces issues de la même séquence politique se retrouvent désormais face à face.

La victoire des Patriotes à la présidentielle de mars 2024, acquise dès le premier tour avec 54,28 % des suffrages, reposait sur une mobilisation commune autour de Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko. La concurrence entre Kiiraay et le PASTEF met donc à l’épreuve l’héritage politique de cette séquence : Kiiraay cherche désormais à disposer d’une identité propre et d’un appareil capable de défendre son projet sur le terrain.

Le premier test électoral de Kiiraay intervient ainsi après l’émancipation du parti porté par le chef de l’État vis-à-vis de la force politique qui l’a accompagné jusqu’au pouvoir. Pour Diomaye Faye, il s’agit de transformer une légitimité institutionnelle en soutien électoral identifiable, avec des relais territoriaux capables de mobiliser les électeurs.

Cette recomposition attire déjà des élus et des militants venus d’autres formations. Le Pr Moussa Diaw analyse cette vague de ralliements comme un appel d’air lié aux postes et aux fonctions à la clé. La naissance de Kiiraay a modifié le paysage politique sénégalais, mais ces adhésions devront encore se traduire par une implantation durable et une capacité réelle à organiser le vote.

Le calendrier ajoute à l’incertitude. Les mandats des élus locaux arrivent à échéance en janvier 2027, mais la date du scrutin et l’ouverture des inscriptions sur les listes électorales ne sont pas encore fixées. L’attentisme nourrit ainsi les spéculations sur un report, d’autant qu’Aminata Touré a déclaré que le chef de l’État disposait de « toute l’année 2027 » pour organiser les élections locales.

Une contre-performance face au PASTEF fragiliserait la formation présidentielle et alimenterait les interrogations sur son poids politique. À l’inverse, une victoire renforcerait son autorité et pèserait sur les rapports de force en vue de 2029. Le scrutin servira aussi à apprécier les premiers résultats de la gouvernance engagée depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye.

Cette évaluation portera notamment sur la capacité du projet défendu par Kiiraay à répondre aux attentes socio-économiques des populations. Xibaaru présente ainsi cette échéance comme un rendez-vous déterminant pour l’affirmation du nouveau parti présidentiel, l’arbitrage de l’héritage des Patriotes et la suite du magistère de Diomaye Faye.

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