La naissance du parti présidentiel Kiiraay a profondément modifié le paysage politique sénégalais. Cette nouvelle configuration est perçue par certains observateurs comme un véritable « appel d’air » favorisant les ralliements d’élus et de militants issus d’autres formations politiques. Pouvoir, postes et privilèges, le grand retour des ralliements politiques
Pour le professeur Moussa Diaw, professeur émérite et enseignant-chercheur en sciences politiques à l’UGB, cette vague d’adhésions s’explique moins par une adhésion idéologique que par la recherche d’opportunités politiques.
« C’est le témoin de la nouvelle configuration politique avec la naissance de Kiiraay, le parti du président, qui s’ouvre à toutes les formations. Cela crée un appel d’air, des militants et des élus se dirigent vers ce parti parce qu’il y a des postes et des fonctions à la clé », analyse-t-il.
Selon l’universitaire, les nominations, les responsabilités et les avantages liés au pouvoir constituent des facteurs déterminants dans ces changements de camp.
« On cherche à attirer les leaders, les élus, et généralement ce qui attire, ce sont les postes et les nominations. Ce n’est pas toujours par conviction », souligne-t-il.
Le professeur Diaw estime toutefois qu’il existe encore des responsables engagés par conviction, mais que le phénomène du clientélisme politique reste largement présent.
« Il y en a qui s’engagent politiquement parce qu’ils croient à un projet et qu’ils veulent le défendre. Mais il y a aussi beaucoup d’élus qui sont dans une logique clientéliste et qui changent de camp au gré des circonstances », explique-t-il.
Cette situation contraste avec les premiers mois de la troisième alternance, marqués par une volonté affichée de rupture avec les anciennes pratiques politiques. À cette période, rappelle-t-il vendredi sur Sud Fm, les ralliements étaient beaucoup plus rares.
« Quand le président est arrivé avec la ferme volonté de changer les pratiques politiques, personne n’osait venir chercher une récupération politique. Mais dès lors qu’il y a eu un changement dans certains engagements, la transhumance est revenue », affirme l’enseignant-chercheur.
Pour plusieurs analystes, cette multiplication des adhésions pose une nouvelle fois la question de la solidité des convictions politiques et du respect du choix des électeurs.

Y’a pas de ruée c’est du vol tous les militants apr notamment les 436 maires apr détournés cest sa la ruée kiiraye doit mettre la clé sous le paillasson