Kaolack – Le coordonnateur départemental de KIIRAAY appelle à reporter les élections locales : « Le pays a faim »

Alors que le débat sur la date des élections locales, initialement prévues en janvier 2027, continue d’agiter la classe politique sénégalaise, une voix dissidente s’élève depuis Kaolack.

Cheikh Ibrahima Diallo, coordonnateur départemental chargé des affaires religieuses et culturelles du parti KIIRAAY – Les Patriotes Républicains, prend position contre la tenue immédiate du scrutin, jugeant la dépense publique irresponsable face à l’urgence sociale.

« Un pays ne peut pas être en permanence en campagne électorale et dans l’organisation de scrutins à répétition », martèle Cheikh Ibrahima Diallo.

Selon lui, les élections locales, dont le coût se chiffre en milliards de francs CFA, constituent une ponction directe sur les deniers publics dans un contexte où une large partie de la population peine à se nourrir.

« Tenir des élections qui demandent des milliards alors que le pays a faim, c’est irresponsable. Il faut d’abord se soucier de nos populations qui manquent de tout », insiste-t-il.

Le responsable politique ne remet pas en cause le principe démocratique, mais plaide pour un décalage du calendrier républicain. Il rappelle que l’article 269 du Code électoral permet au président de la République de fixer la date du scrutin au cours de la cinquième année du mandat des élus locaux, soit jusqu’au 31 décembre 2027. « Le calendrier républicain peut attendre le dernier mois de 2027. Laissons le temps à l’exécutif de mettre de l’ordre dans la situation financière du pays avant de retourner devant les électeurs », plaide Cheikh Ibrahima Diallo.

Sa sortie intervient alors que la présidence n’a toujours pas publié le décret convoquant le corps électoral, nourrissant les soupçons d’un report. La haute représentante du chef de l’État, Aminata Touré, affirme de son côté que « le président a toute l’année 2027 pour organiser ces élections-là en toute légalité ».

Une position que partage Cheikh Ibrahima Diallo, qui appelle à un « recentrage des priorités nationales » autour de la lutte contre le chômage des jeunes et la relance des chantiers d’infrastructure.

L’opposition, elle, dénonce une manœuvre visant à laisser au parti présidentiel le temps de s’implanter. Mais pour le cadre de KIIRAAY, l’urgence n’est pas électorale. « Avant de penser à la politique politicienne, le pays doit d’abord régler ses urgences économiques », conclut-il.

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