La tension monte d’un cran à Kaolack. Dans un communiqué de presse récent, le bureau national du mouvement « Le Réveil Kaolackois », dirigé par son président Papy Gaye, a vigoureusement dénoncé ce qu’il qualifie de « répression systémique » et d’« instrumentalisation de la justice » au sein de la commune.
Papy Gaye rappelle qu’il est rentré libre après une audition à la Brigade de Recherches de la Gendarmerie de Kaolack, suite à une plainte déposée par Saloum Investissements et Développement (SID) , la société qui gère le projet « Cœur de Ville ». Pour le leader du Réveil Kaolackois, cette convocation s’inscrit dans une logique d’intimidation visant à réduire au silence les voix critiques.
Le mouvement pointe du doigt des restrictions administratives répétées. Selon le communiqué, les autorités préfectorales ont opposé deux refus consécutifs aux demandes de sit-in pacifique formulées par Papy Gaye. Pour l’organisation, ces interdictions sont une « violation flagrante » de l’article 10 de la Constitution sénégalaise garantissant le droit de manifester. Le motif de « troubles à l’ordre public » est jugé trop générique pour justifier ce bâillonnement.
Au-delà des entraves préfectorales, Papy Gaye affirme être la cible d’un harcèlement judiciaire de la part de M. Serigne Mboup. Cette multiplication des procédures est perçue comme une « stratégie d’épuisement ». Papy Gaye déclare : « La justice doit rester le dernier rempart contre l’oppression et non le bras armé des puissants. »
Face à cette situation, Papy Gaye interpelle directement les autorités centrales. Au ministre de l’Intérieur, il rappelle que l’ordre public ne doit pas servir de prétexte à l’étouffement des libertés. Il appelle à ce que la promesse de « revitalisation des libertés » du nouveau gouvernement se concrétise enfin à Kaolack. Au ministre de la Justice, il l’exhorte à veiller à ce que les tribunaux ne deviennent pas des outils de règlements de comptes personnels ou politiques.
Malgré les pressions, le mouvement réaffirme sa détermination et n’exclut aucun recours légal pour faire respecter ses droits constitutionnels. La cellule de communication conclut en rappelant que la liberté d’expression est un droit inaliénable, non une faveur administrative en ce sens une nouvelle demande de sit-in a été déposé pour le samedi 2 mai.