L’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) tire la sonnette d’alarme sur les conséquences des tensions institutionnelles au Sénégal.
Dans un communiqué, l’organisation estime que les blocages politiques persistants pourraient fragiliser l’économie nationale et accentuer les difficultés d’insertion professionnelle des jeunes, au risque de renforcer les départs vers l’étranger.
L’ADHA réagit notamment au rejet du projet de loi de finances rectificative par l’Assemblée nationale, le 3 novembre 2026. Au-delà des divergences politiques, elle met en garde contre les conséquences des blocages institutionnels prolongés, qui peuvent « fragiliser la confiance des investisseurs, ralentir l’activité économique, compromettre les perspectives d’emploi et accentuer la précarité des ménages ».
L’organisation exprime particulièrement ses inquiétudes concernant la jeunesse. S’appuyant sur les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), elle rappelle que le chômage élargi touchait 23,5 % des jeunes âgés de 15 à 34 ans au deuxième trimestre 2026. Pour l’ADHA, une nouvelle dégradation des perspectives économiques risque d’« aggraver le sentiment d’impasse » et de réduire davantage les possibilités d’insertion professionnelle.
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L’organisation évoque également les dynamiques migratoires vers les îles Canaries. Selon les chiffres des autorités espagnoles cités dans le communiqué, au moins 937 personnes y sont arrivées entre le 30 octobre et le 2 novembre 2026, tandis que plus de 4 000 arrivées ont été recensées sur l’ensemble du mois. Sans attribuer les départs migratoires à une cause unique, l’ADHA souligne que « le chômage, la précarité et l’absence d’horizons économiques » figurent parmi les facteurs susceptibles d’alimenter les migrations à risque.
Face à cette situation, l’organisation appelle les institutions de la République à privilégier « le dialogue et la responsabilité », invite les acteurs politiques à placer « l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus de leurs divergences » et exhorte les pouvoirs publics à préserver la stabilité économique, soutenir le secteur productif et renforcer les politiques d’emploi en faveur des jeunes.
L’ADHA demande également « une évaluation transparente et mesurable des politiques publiques » de lutte contre le chômage et de prévention de la migration irrégulière. Elle rappelle enfin que la stabilité institutionnelle doit aller de pair avec la justice sociale, la sécurité économique et le respect des droits fondamentaux.
« Le Sénégal ne doit pas devenir un pays où sa jeunesse perd confiance en l’avenir », avertit l’organisation, qui considère que préserver les institutions, protéger l’économie et offrir des perspectives aux jeunes relèvent d’une même responsabilité nationale.



