Grève des 21-23 octobre : ADHA alerte sur les risques pour les populations vulnérables

À l’approche de la grève générale annoncée du 21 au 23 octobre 2026, Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) appelle l’État et les partenaires sociaux à privilégier la négociation et à protéger les populations vulnérables.

Le mouvement intervient après une première journée de mobilisation de 24 heures. Les dix centrales syndicales ont annoncé trois nouvelles journées de grève et entendent mobiliser les travailleurs dans tous les secteurs, sur fond de dégradation du dialogue social. En déplacement à Ziguinchor, la secrétaire générale nationale de l’UNSAS, Marie Yvette Keïta Diop, a indiqué que sa tournée devait aussi permettre de recueillir les préoccupations des salariés.

Dans un communiqué publié le 20 octobre à Dakar, dont Lactuacho rend compte, ADHA s’inquiète des conséquences possibles d’une perturbation prolongée des services essentiels. Les enfants, les malades, les travailleurs précaires et les ménages à faibles revenus figurent parmi les personnes les plus exposées.

La crainte d’une interruption des enseignements intervient alors que des retards dans l’exécution de certains accords ont été reconnus par le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public. Le 1er octobre, Mamadou Lamine Dianté a annoncé un suivi plus rapproché des accords avec les partenaires sociaux, avec la convocation de comités techniques en plus des comités de suivi. Il a notamment signalé des retards dans l’éducation et la formation. ADHA demande à l’État de rendre compte de l’exécution des accords sociaux et de présenter un calendrier précis assorti d’engagements vérifiables.

La grève pourrait affecter les populations vulnérables par l’interruption des enseignements, des retards de prise en charge médicale, des pertes de revenus et des difficultés d’accès aux services indispensables, avertit ADHA. L’organisation précise que les usagers et les travailleurs doivent bénéficier d’une protection équivalente, tout en réaffirmant son attachement aux libertés syndicales, à la négociation collective et au droit de grève dans le cadre juridique applicable.

Dans le transport routier, le ministre des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, a demandé aux gouverneurs de veiller au maintien de la libre circulation et à la sécurité des transporteurs qui ne suivront pas le mot d’ordre. Cette consigne rejoint l’appel d’ADHA à protéger les personnes et à garantir l’accès aux services essentiels sans remettre en cause le droit de grève.

La préservation des soins urgents et du droit à l’éducation figure aussi parmi ses priorités. L’organisation recommande des mesures de rattrapage scolaire si nécessaire et appelle les parties à veiller à la sécurité des personnes, à la liberté de circulation et au respect des droits fondamentaux. Elle invite le gouvernement et les partenaires sociaux à établir un dialogue sincère, accompagné d’un suivi transparent des décisions.

ADHA est présidée par Adama Mbengue.

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