Inde : après la chute de Mamata Banerjee dans son propre siège, le BJP prend le Bengale-Occidental

En Inde, les élections régionales organisées en avril au Bengale-Occidental, en Assam, au Tamil Nadu, au Kerala et dans le territoire de Puducherry ont abouti à plusieurs basculements politiques. Le résultat le plus marquant concerne le Bengale-Occidental, où le Bharatiya Janata Party (BJP) du Premier ministre Narendra Modi a remporté pour la première fois cet État de près de 100 millions d’habitants.

D’après Al Jazeera, le BJP a obtenu 207 sièges sur 294 au Bengale-Occidental, contre 80 pour le Trinamool Congress (TMC) de la cheffe du gouvernement sortante Mamata Banerjee. Cette dernière a aussi perdu son propre siège. Narendra Modi a salué sur X une « victoire historique », affirmant qu’elle « restera inoubliable », et a promis une politique de « bonne gouvernance » dans l’État. Il a également déclaré que ce succès « apporterait la paix à l’âme » de Shyama Prasad Mukherjee, figure du nationalisme hindou et fondateur du prédécesseur du BJP.

Le scrutin s’est toutefois déroulé dans un climat de contestation. La Commission électorale indienne, qui rejette les accusations formulées contre elle, a été critiquée par des partis d’opposition et des observateurs électoraux. Selon une analyse citée par Al Jazeera, 2,7 millions de personnes auraient été privées du droit de vote au Bengale-Occidental après une révision controversée des listes électorales. Le SABAR Institute, organisme de recherche basé à Kolkata, estime que les musulmans ont été touchés de manière disproportionnée. La commentatrice Yogendra Yadav a relevé que ces suppressions représentaient 4,3 % des suffrages exprimés, alors que l’avance du BJP sur le TMC était d’environ 5 %.

Mamata Banerjee a accusé le BJP d’avoir « volé plus de 100 sièges » et déclaré que « la Commission électorale est la commission du BJP ». Pendant la campagne, des dirigeants du BJP, dont Narendra Modi, ont accusé des musulmans d’être des « infiltrés bangladais » et plaidé pour une consolidation du vote hindou. Al Jazeera rapporte que ces thèmes alimentent des craintes sur le traitement réservé aux résidents musulmans considérés comme « illégaux », ainsi que sur d’éventuelles restrictions touchant certaines habitudes alimentaires dans cet État connu pour sa forte culture du poisson et de la viande.

Dans les autres scrutins, le BJP a conservé l’Assam pour un troisième mandat consécutif, avec 102 sièges sur 126 pour le camp du chef du gouvernement Himanta Biswa Sarma. Au Tamil Nadu, l’acteur Vijay et son parti Tamilaga Vettri Kazhagam ont créé la surprise en remportant 108 sièges sur 234, sans atteindre seuls la majorité absolue fixée à 118. Au Kerala, l’alliance menée par le Congrès a battu le gouvernement communiste sortant avec 101 sièges sur 140. À Puducherry, la coalition incluant le BJP s’est maintenue au pouvoir.

Avec ces résultats, le BJP gouverne seul ou participe à la coalition au pouvoir dans 21 des 28 États indiens. Selon les chiffres relayés dans l’article source, ces États regroupent près de 80 % des 1,4 milliard d’habitants du pays. Le parti est également présenté comme la formation politique la plus riche du monde, avec un revenu total de 712 millions de dollars, contre près de 96 millions pour le Congrès, d’après une évaluation de l’Association of Democratic Reforms en 2025.

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