Élections en Inde : la décision radicale du parti de Narendra Modi dans un État comptant 34 % de minorités

Des millions d’Indiens se rendent aux urnes pour renouveler les assemblées de plusieurs États et territoires. Une séquence électorale majeure qui fait figure de test grandeur nature pour le Premier ministre Narendra Modi et son parti, le Bharatiya Janata Party (BJP).

Le coup d’envoi a été donné ce jeudi avec l’ouverture des bureaux de vote dans l’Assam, le Kerala et le territoire de Pondichéry. Le Bengale-Occidental et le Tamil Nadu suivront plus tard dans le mois. Au total, près de 174 millions d’électeurs sont appelés à désigner plus de 290 législateurs, dont les résultats globaux seront proclamés le 4 mai. Sur le réseau social X, Narendra Modi a exhorté les citoyens, en particulier les jeunes et les femmes, à participer massivement à ce scrutin.

Bien que ces élections régionales n’impactent pas directement la stabilité du gouvernement fédéral, elles constituent un baromètre décisif. Dans l’État de l’Assam, situé dans le nord-est du pays et dirigé par une coalition pro-BJP depuis deux mandats, le parti au pouvoir a appliqué une stratégie stricte : aucun candidat de confession musulmane n’a été investi sur ses listes. Cette communauté représente pourtant plus de 34 % de la population locale. La campagne de la formation de droite s’est concentrée sur les musulmans d’origine bengalie, ciblés pour avoir migré depuis le Bengale oriental (l’actuel Bangladesh) sous le régime britannique achevé en 1947.

La tension politique est encore plus vive au Bengale-Occidental, un État stratégique que le BJP n’a jamais dirigé, actuellement aux mains du parti régional Trinamool Congress depuis trois mandats. Selon Al Jazeera, la préparation du scrutin y a été marquée par la suppression de millions d’électeurs des listes officielles, en grande majorité des musulmans, lors d’une opération de révision électorale. Les formations d’opposition dénoncent un ciblage délibéré des minorités, une accusation rejetée par la Commission électorale indienne, qui affirme avoir uniquement purgé les profils fictifs, décédés ou en doublon.

Dans les autres régions appelées aux urnes, les dynamiques varient. Au Kerala, où le pouvoir alterne traditionnellement entre le parti du Congrès et les communistes, le BJP peine à s’imposer malgré des investissements massifs. À Pondichéry, la formation de Narendra Modi s’appuie sur une alliance locale, tandis qu’une lutte serrée s’annonce au Tamil Nadu face au parti régional au pouvoir.

L’issue de ces scrutins déterminera la capacité du parti au pouvoir à étendre son influence dans les bastions de l’opposition. Une percée consoliderait l’assise du gouvernement fédéral, contraint depuis les élections nationales de 2024 de s’appuyer sur des alliés régionaux pour gouverner.

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