La digitalisation apparaît comme l’une des principales réponses aux difficultés qui affectent encore le système d’état civil au Sénégal. C’est du moins la conviction de Ibrahima Etia, directeur de la Formation, des Opérations et de la Sensibilisation à l’Agence nationale de l’État civil (ANEC), qui s’exprimait ce mercredi lors du Forum national sur l’état civil.
Selon lui, l’ANEC travaille à travers un plan national de remédiation visant notamment à moderniser et sécuriser la gestion des faits d’état civil. « La réponse, c’est la digitalisation », a-t-il résumé.
Sur les 629 centres d’état civil que compte le Sénégal, plusieurs ont déjà entamé leur transformation numérique. Cette digitalisation repose notamment sur un logiciel de gestion des faits d’état civil destiné aux agents, mais également sur une plateforme permettant aux usagers d’effectuer certaines démarches à distance.
« La plateforme a plusieurs fonctionnalités », explique Ibrahima Etia. L’usager peut notamment faire une demande, recevoir une notification lorsque son document est prêt, puis se rendre au centre pour le retirer. À terme, certaines démarches pourraient également permettre de recevoir directement l’extrait sur son téléphone.
Mais cette évolution nécessite, selon le responsable de l’ANEC, un cadre juridique adapté. « Deux choses ne peuvent pas se faire. Cela doit être encadré par une loi sur l’informatisation de l’état civil », souligne-t-il, précisant que cette loi n’a pas encore été adoptée par l’Assemblée nationale.
Vers un registre national de l’état civil
Pour Ibrahima Etia, la numérisation des registres constitue également un enjeu majeur de sécurisation des données. « Si on sécurise les données aujourd’hui, tout ce qui est extrait, registre d’état civil sera numérisé, indexé, on pourra parler de registre national de l’état civil », affirme-t-il.
Ce registre national devrait constituer une base centrale des données d’état civil au Sénégal. L’ANEC entend, dans ce cadre, renforcer son dispositif technique avec des ingénieurs chargés d’assurer le suivi du système en temps réel.
Une équipe support a ainsi été mise en place. Des numéros sont communiqués aux agents des centres d’état civil afin qu’ils puissent signaler rapidement les éventuels dysfonctionnements. « Ils règlent à distance ou nous dépêchons l’équipe sur place », explique le responsable.
La connectivité, un autre défi
La digitalisation reste toutefois étroitement liée à la question de la connectivité Internet, particulièrement dans certaines communes rurales.
« Si vous allez dans les communes rurales, c’est un problème », reconnaît Ibrahima Etia. L’ANEC travaille donc avec des partenaires, des opérateurs de télécommunications et le ministère en charge des Télécommunications afin d’assurer une connexion plus stable dans les zones concernées.
Car, insiste-t-il, « ce que nous digitalisons et Internet n’existe pas, cela n’a pas de sens ».
Le responsable de l’ANEC appelle enfin les autorités à soutenir davantage l’agence, notamment pour lui permettre de disposer des moyens nécessaires au déploiement de ses équipes sur le terrain. Il rappelle que les collectivités locales jouent également un rôle dans l’accueil et l’hébergement des équipes déployées dans les communes.
L’objectif affiché est clair , rendre l’état civil plus accessible, plus sécurisé et davantage adapté aux exigences du numérique.





