Les registres et autres pièces administratives de l’état civil sénégalais ne sont pas toujours conservés dans des conditions satisfaisantes. Ce constat a été dressé mercredi à Kaffrine par Ibrahima Etia, directeur de la formation, des opérations et de la sensibilisation de l’Agence nationale de l’État civil (ANEC), rapporte SenePlus.
Présent en marge d’un atelier sur le traitement journalistique des questions d’état civil, le responsable de l’ANEC a défendu l’idée que l’amélioration passe par la création de véritables espaces d’archivage dans les centres d’état civil et les tribunaux d’instance. À ses yeux, les conditions de conservation actuelles demeurent nettement insuffisantes un peu partout sur le territoire.
Peu de centres, selon lui, bénéficient de locaux d’archivage répondant aux normes. Résultat : les documents sont exposés à la détérioration ou à la perte, et la sécurisation des données liées aux citoyens pourrait s’en trouver compliquée à terme. L’enjeu rejoint une préoccupation plus large : en août 2025, le Sénégal envisageait la création d’une Bibliothèque nationale pour centraliser un patrimoine documentaire encore dispersé, des manuscrits de Saint-Louis aux archives coloniales de Dakar.
Ibrahima Etia a donc lancé un appel aux maires afin qu’ils adoptent des mesures concrètes pour améliorer cette situation. Il reconnaît toutefois que certaines municipalités ne disposent pas de l’espace nécessaire pour aménager des salles réservées aux archives. En attendant de pouvoir bâtir de nouveaux locaux, il suggère au minimum d’installer des rayonnages conformes aux règles d’archivage, de quoi mieux préserver les documents et les données de l’état civil sur la durée.
La rencontre de Kaffrine était organisée par la Cellule Centre de la Convention des jeunes reporters du Sénégal (CJRS), en partenariat avec ENABEL, autour du thème « État civil : quel traitement journalistique ? ».
Au-delà de la seule question des infrastructures, conserver ces archives revient aussi à protéger les droits des citoyens et à garantir la fiabilité des données administratives, dans un contexte où la modernisation de l’état civil reste une priorité pour les pouvoirs publics.
