Le Sénégal a enregistré un quota plein pour le Hajj 2026, avec 388 694 pèlerins ayant transité via l’initiative Route de La Mecque, dont des Sénégalais. Selon le délégué général au pèlerinage, le général Mamadou Gaye, cette édition marque un tournant majeur dans l’organisation du pèlerinage sénégalais, grâce à l’adaptation aux profondes mutations engagées par l’Arabie saoudite dans le cadre de sa Vision 2030.
La première révolution est numérique. Désormais, tout passe par la plateforme saoudienne Nusuk : paiements, autorisations, formalités administratives. Face à cette mutation, le Sénégal a développé sa propre plateforme nationale, ehaj.org, qui centralise les données administratives et médicales des pèlerins et coordonne les services impliqués. La deuxième transformation concerne la privatisation intégrale des prestations : les pays ne traitent plus directement avec les hôtels, restaurateurs ou transporteurs, mais passent par des sociétés saoudiennes agréées. Selon le général Gaye, cette évolution réduit considérablement la marge de manœuvre des délégations nationales.
La santé constitue un axe central des réformes. Des pathologies comme l’insuffisance rénale, l’insuffisance cardiaque ou la tuberculose sont désormais incompatibles avec le pèlerinage. Des examens complémentaires ont été systématisés et des structures spécialisées associées. Cette rigueur a porté ses fruits : cette année, trois décès ont été enregistrés contre six lors de l’édition précédente. Par ailleurs, l’encadrement a été renforcé, avec des délégués d’accompagnement de vol et des bureaux permanents d’information dans les hôtels. L’initiative « Tariq Makkah » a permis d’effectuer les formalités d’immigration saoudiennes à Dakar avant le départ, comme l’a rapporté le média lesoleil.
Le Sénégal a été intégré à ce dispositif en février 2026, et les autorités saoudiennes ont salué cette coopération : le 11 novembre 2025, le ministre saoudien du Hajj a reçu une délégation sénégalaise dirigée par le général Mamadou Gaye en marge de la 5e conférence du Hajj à Djeddah, félicitant le Sénégal pour son engagement. Le jour même de la clôture du Hajj 2026, les autorités saoudiennes ont présenté le calendrier du Hajj 2027, jugé contraignant. « Dès notre retour, nous devons déjà préparer l’année prochaine », a expliqué le général Gaye. Le Sénégal a déjà entamé sa propre réforme avec la déconcentration des procédures, via des guichets uniques ouverts à Ziguinchor, Tambacounda, Diourbel, Touba et Kaolack.
