La Commission nationale des élections a lancé le dépouillement après le référendum constitutionnel organisé dimanche en Guinée-Bissau, alors que le pays est dirigé par une junte en transition. À Bissau, les opérations, selon La-croix, se poursuivaient dans la soirée.
Le référendum vise à remplacer le système semi-parlementaire par un régime présidentiel fort. Le projet donnerait au chef de l’État le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre et le gouvernement, ainsi que de dissoudre le Parlement. Il intervient après la réforme, par la junte, de la Constitution, du code électoral et de la loi sur les partis politiques, un « coup de force institutionnel » dénoncé par la coalition PAI-Terra Ranka.
La Cedeao, qui avait initialement exigé le rétablissement de l’ordre constitutionnel, a annoncé la tenue de ce référendum lors d’une visite à Bissau de son chef de médiation, le ministre sierra-léonais Timothy Kabba. Cette décision a été dénoncée comme une ingérence par l’opposition, menée par Elton Infanda, porte-parole de l’équipe de Fernando Dias. La fermeté de l’organisation régionale s’était pourtant érodée dès juillet 2026.
Idrissa Djalo, secrétaire exécutif de la CNE, a annoncé une participation supérieure à 55 % et affirmé que le scrutin s’était déroulé sans incident susceptible d’en affecter la crédibilité. Les premiers résultats provisoires pourraient être communiqués à partir de mardi.
La mobilisation est toutefois restée limitée dans plusieurs zones. Après une pluie intense au début de la journée, l’affluence a progressé à Bissau avant de ralentir. Elle a été jugée mitigée ou faible dans le sud, notamment à Tombali et Quinara, ainsi que dans l’Est.
L’opposition, dont le PAIGC, avait appelé au boycott en dénonçant un contexte de restriction des libertés publiques. Les autorités de transition présentent la réforme comme un moyen de stabiliser les institutions avant l’élection présidentielle prévue le 6 décembre, tandis que ses détracteurs y voient un dispositif destiné à verrouiller le processus électoral et à renforcer le pouvoir de la présidence.
