Après neuf mois de transition militaire, les électeurs de Guinée-Bissau sont appelés aux urnes ce dimanche 30 août 2026 pour se prononcer sur une nouvelle Constitution.
Le référendum en Guinée-Bissau se déroule au suffrage universel direct et secret, sur l’ensemble du territoire. Une seule question est soumise aux votants : faut-il faire entrer en vigueur le texte adopté par le Conseil national de transition ?
Un passage au régime présidentiel
La réforme prévoit l’abandon du système parlementaire au profit d’un régime présidentiel. Le chef de l’État pourrait nommer directement le Premier ministre et les membres du gouvernement, mais aussi dissoudre le Parlement.
La consultation a été convoquée par décret du président de la transition, le général Horta N’Tam, le 6 juillet 2026. Les autorités indiquent que la Cour suprême de justice a donné un avis favorable à la tenue du scrutin. Les modalités du vote ont été rapportées par l’AFP. Le média leral les a également rapportées.
Une transition née d’un coup d’État
Le scrutin intervient après le coup d’État militaire du 26 novembre 2025, survenu trois jours après des élections générales dont les résultats n’avaient pas été proclamés. Le président sortant Umaro Sissoco Embaló avait alors été renversé et le processus électoral suspendu.
Des élections présidentielle et législatives sont annoncées pour le 6 décembre 2026. Elles doivent mettre fin à la transition et permettre le retour d’un pouvoir civil.
Une procédure contestée
Des observateurs mettent en doute la capacité juridique d’autorités issues d’un coup d’État à modifier la Loi fondamentale. La coalition PAI-Terra Ranka a dénoncé un « coup de force institutionnel », tandis que la Cédéao suit le dossier après avoir rejeté le chronogramme proposé par les militaires.
Dans un message diffusé à la fin du mois d’août, le président de la transition a appelé à une participation massive et ordonnée, en présentant le vote comme une responsabilité citoyenne.
Pour le Sénégal, cette consultation concerne un voisin immédiat, avec lequel Dakar entretient des liens par la Casamance, les échanges commerciaux et une histoire commune de médiations politiques.
Les résultats n’étaient pas encore proclamés à l’heure de publication.
