Guinée-Bissau : la junte a réformé la Constitution et le code électoral pour verrouiller les élections

Le double scrutin du 6 décembre 2026 en Guinée-Bissau est sous contrôle. La junte militaire a engagé une vaste réforme institutionnelle qui, selon l’opposition, verrouille le processus électoral. Comme le rapporte Jeune Afrique, la Constitution, le code électoral et la loi sur les partis politiques ont été profondément remaniés ces derniers mois, un « coup de force institutionnel » dénoncé par la coalition PAI-Terra Ranka.

Depuis le coup d’État de novembre 2025, la situation politique n’a cessé de se dégrader. Dans les jours qui ont suivi la prise de pouvoir par les militaires, la Cedeao avait adopté une ligne dure. Une délégation menée par le président sierra-léonais Julius Maada Bio avait exigé le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel et la publication des résultats électoraux, sous peine de sanctions. Mais cette fermeté s’est progressivement érodée. Dès juillet 2026, l’organisation régionale annonçait la tenue d’un référendum constitutionnel, une initiative aussitôt qualifiée d’ingérence par l’opposition.

Le revirement de la Cedeao suscite une vive amertume chez les acteurs politiques bissau-guinéens. « Comment la Cedeao a-t-elle pu changer totalement de cap en l’espace de six mois ? Elle est passée d’un désaveu sans équivoque du coup d’État, assorti de menaces de sanctions, à une passivité coupable face à la junte », a déclaré un haut dirigeant de la coalition PAI-Terra Ranka, cité par Jeune Afrique. Cette coalition, qui inclut le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), dénonce un verrouillage institutionnel destiné à maintenir les militaires au pouvoir.

Les réformes adoptées touchent aux fondements du processus électoral. Elles interviennent alors que le général Horta N’Tam, président de la transition, n’a pas caché sa volonté de contrôler le scrutin. L’opposition, déjà affaiblie par les restrictions de libertés, craint que ces changements ne lui ôtent toute chance de victoire. Fernando Dias, vainqueur autoproclamé de la présidentielle avortée de 2025, a estimé que la Cedeao « ne fait qu’agrandir le problème ».

À six mois du rendez-vous électoral, le climat reste extrêmement tendu en Guinée-Bissau. Le double scrutin présidentiel et législatif est officiellement maintenu au 6 décembre 2026, mais les opposants redoutent déjà un processus verrouillé par la réforme du code électoral et de la Constitution.

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