Après quatre ans d’isolement, la décision à effet immédiat prise par la Cédéao suite à la victoire électorale de Mamadi Doumbouya

Après une période de mise à l’écart diplomatique initiée en septembre 2021, la Guinée voit son statut régional évoluer de manière décisive. Alors que le pays vient de boucler un cycle électoral surveillé par la communauté internationale, les instances dirigeantes de l’Afrique de l’Ouest ont acté la fin du régime d’exception qui frappait Conakry.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a officialisé la levée, avec effet immédiat, de l’intégralité des sanctions résiduelles pesant sur la République de Guinée. Cette décision, prise lors de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement réunie à Abuja, permet au pays de réintégrer pleinement tous les organes décisionnels et les mécanismes d’intégration de l’organisation. Selon les informations rapportées par Sud Quotidien, cette mesure marque formellement l’aboutissement de la transition politique guinéenne.

Une validation technique du processus électoral

La position de l’instance sous-régionale s’appuie sur le déroulement du calendrier électoral, jugé conforme aux attentes. Les chefs d’État ont validé le retour à l’ordre constitutionnel suite à trois étapes clés : le référendum du 21 septembre 2025, la présidentielle du 28 décembre 2025 et l’investiture du président Mamadi Doumbouya le 17 janvier 2026.

Les chiffres officiels, proclamés par la Direction générale des élections (DGE) et confirmés par la Cour suprême, font état d’une victoire de Mamadi Doumbouya dès le premier tour avec 86,72 % des suffrages valablement exprimés. Le scrutin a mobilisé 4 594 262 électeurs sur un total de 5 297 931 inscrits, soit un taux de participation de 80,95 %. Les missions d’observation de la Cédéao et de l’Union africaine ont formulé des évaluations positives sur le déroulement du vote, justifiant ainsi la normalisation des relations.

Double réintégration continentale

Cette dynamique de retour ne se limite pas à l’espace ouest-africain. Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) a également autorisé la reprise immédiate de la participation de la Guinée à toutes ses activités. Lors de sa 1325ᵉ réunion, le CPS a qualifié la transition de « très fructueuse », s’appuyant sur l’article 26 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.

Si les sanctions sont levées, la Cédéao maintient toutefois une vigilance sur la suite du processus politique. L’organisation a encouragé les autorités de Conakry à intensifier le dialogue national inclusif, ciblant spécifiquement l’organisation des futures élections législatives comme prochain levier de cohésion sociale.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire