Ce 17 juin, le Ghana accueille un sommet international consacré aux réparations liées à l’esclavage et au colonialisme, rapporte Jeune Afrique. Experts, ministres et chefs d’État y échangeront pendant trois jours pour déterminer les prochaines étapes de reconnaissance et de compensation pour les crimes contre l’Afrique.
Pourquoi le Ghana ?
Le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a rappelé que son pays fut « la scène du crime », des millions d’Africains ayant été déportés depuis ses côtes. Ce choix de lieu n’est pas anodin : il ancre la réflexion dans l’histoire de la traite transatlantique.
Un timing propice
Ce sommet intervient après un vote historique des Nations unies le 25 mars dernier, qui a reconnu la traite négrière comme « plus grave crime contre l’humanité », sur une initiative d’Accra. La résolution avait recueilli 123 voix pour, 52 abstentions et 3 voix contre (États-Unis et Israël). Deux mois plus tard, l’Assemblée nationale française a abrogé le « Code noir », renforçant la dynamique.
Quelles réparations ?
Au-delà d’un simple chèque, les discussions portent sur trois dimensions : le manque de respect pour le continent africain, les inégalités raciales et les conséquences économiques. Des excuses officielles des pays ayant profité de l’esclavage sont considérées comme un minimum. La question d’un siège permanent pour l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU pourrait également être évoquée, tout comme des investissements, des programmes éducatifs et la restitution d’œuvres d’art.


