FONGIP : chiffres affichés, condamnations sociales et PME en attente de paiement

Le Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP) affiche des résultats financiers importants, tandis que des agents licenciés ont obtenu gain de cause devant la justice et que des PME prestataires disent attendre le paiement de leurs factures.

Depuis l’arrivée de Ndèye Fatou Mbodj à sa direction en 2024, l’institution met en avant, pour l’exercice 2024-2025, environ 13,5 milliards de FCFA de garanties accordées, 1,1 milliard de FCFA de refinancement en microfinance et 26,5 milliards de FCFA de crédits mobilisés en faveur de l’économie réelle. Elle revendique également près de 20 000 emplois soutenus.

Des chiffres mis en avant

La direction cite aussi un protocole de 5 milliards de FCFA conclu avec la BNDE pour la campagne agricole, ainsi qu’un accompagnement accru des groupements d’intérêt économique de femmes dans plusieurs régions. Ces données n’ont pas encore fait l’objet, à la connaissance de la rédaction, d’un audit indépendant détaillé rendu public.

En mai 2026, Ndèye Fatou Mbodj a par ailleurs déclaré à Dakar que le FONGIP avait accordé, depuis 2013, 61,7 milliards de FCFA de garanties, mobilisé plus de 107 milliards de FCFA, généré près de 147 milliards de FCFA d’investissements et environ 132 000 emplois.

Des contentieux sociaux au FONGIP

Plusieurs agents ont été licenciés à partir de décembre 2024, peu après l’installation de la nouvelle direction. Les absences non justifiées ont été avancées comme motif, y compris pour des périodes correspondant aux précédentes directions. Des employés concernés ont saisi l’inspection du travail, tandis que la direction a défendu une politique de redéploiement vers les régions.

En 2025, le tribunal du travail a condamné le FONGIP à verser plus de 35 millions de FCFA à deux anciens agents, Amadou Sy et Safiétou Dieng, pour licenciement jugé abusif. Dans une autre affaire examinée par le tribunal de Dakar, le licenciement d’un agent a été reconnu légitime pour faute grave, mais l’institution a tout de même été condamnée à payer plusieurs indemnités, notamment au titre du préavis, des congés et de la non-délivrance du certificat de travail, avec une astreinte journalière.

Le service de communication du FONGIP a confirmé l’existence des licenciements, tout en contestant les accusations d’irrégularités. Les décisions judiciaires ont toutefois relevé des manquements dans la procédure de gestion des ressources humaines.

Des PME prestataires dans l’attente

Des petites et moyennes entreprises affirment avoir réalisé des missions mandatées par le FONGIP et déposé leurs factures conformément aux règles, sans avoir été réglées. Certaines disent attendre depuis plusieurs mois, d’autres depuis plusieurs années.

Aucun montant officiel des arriérés envers ces prestataires n’est communiqué dans les éléments disponibles. Cette situation concerne des entreprises qui ont exécuté des services pour l’institution, alors que celle-ci communique sur les garanties destinées à faciliter l’accès des PME au financement.

Ces éléments ont été rapportés par Exclusif, qui met en regard les résultats revendiqués par le fonds et les difficultés signalées dans sa gestion interne. Le tribunal du travail a condamné le FONGIP à verser plus de 35 millions de FCFA à Amadou Sy et Safiétou Dieng.

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