Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a présenté devant les députés réunis en intercommissions le projet de loi n° 08/2026 sur le crédit-bail, qu’il décrit comme un outil de financement important pour les entreprises au Sénégal. Le texte, déjà adopté en commission, poursuit son examen en séance plénière ce jeudi 21 mai 2026 à l’Assemblée nationale.
Le ministre a expliqué que le marché du leasing reste peu développé dans le pays, avec un poids très limité dans le financement de l’économie. Au cours de cet examen, Seneweb rapporte qu’il a jugé nécessaire de revoir en profondeur le dispositif actuel, estimant que le cadre juridique ne répond plus suffisamment aux évolutions du secteur, notamment pour le crédit-bail immobilier, la finance islamique et la sécurisation des contrats. Dans la même logique, il a indiqué que le Sénégal cherche à internaliser la loi uniforme adoptée par l’UEMOA depuis 2016.
Cheikh Diba a aussi insisté sur l’articulation entre deux mécanismes de financement. D’après ses explications, le crédit-bail sert surtout à accompagner les investissements des entreprises, tandis que l’affacturage aide davantage à couvrir les besoins d’exploitation. En réponse aux questions soulevées sur les difficultés des PME, il a rappelé l’existence de dispositifs publics déjà mobilisés, à travers le FONGIP, l’ADEPME et l’Observatoire de la qualité des services financiers, qui interviennent dans l’accompagnement financier, la prévention des tensions de trésorerie et les restructurations amiables avec les créanciers.
Le ministre a également évoqué le dossier de la substitution de l’État à certaines entreprises privées auprès des banques. Il a confirmé que cette opération avait été menée afin de préserver la stabilité du système bancaire sénégalais, en évitant des défauts de paiement susceptibles d’affecter l’ensemble du secteur financier. Sur les arriérés dus aux entreprises, il a indiqué que 500,9 milliards de FCFA avaient déjà été mobilisés dans une loi de finances rectificative pour appuyer l’économie, en particulier dans le BTP, l’énergie et les investissements financés sur ressources extérieures.
Enfin, Cheikh Diba a estimé que les frais liés à la formalisation des contrats de crédit-bail immobilier devant notaire restent mesurés au regard de la sécurité juridique qu’ils apportent. Il a soutenu que ce mécanisme peut permettre aux PME d’accéder à des équipements sans devoir mobiliser immédiatement des garanties financières importantes.