Le budget de la Présidence sénégalaise atteint 204,544 milliards de francs CFA en 2026. Un chiffre qui cache une réalité plus complexe : les fonds politiques, ces enveloppes discrétionnaires, restent opaques malgré les promesses de rupture.
En 2024, le programme du candidat Bassirou Diomaye Faye promettait de « supprimer les fonds dits politiques » pour les remplacer par des fonds spéciaux encadrés. Le 2 mai 2026, le président a pourtant justifié leur maintien, évoquant des usages allant du renseignement aux aides sociales. Une extension qui enterre la distinction entre secret d’État et clientélisme.
Selon le journal Finances, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko a déclaré disposer de 1,77 milliard de francs CFA de fonds politiques à la Primature. L’affirmation, publique, n’éclaire pas pour autant le débat : les mécanismes de contrôle indépendant restent introuvables. Aucune autorité n’est habilitée à vérifier l’usage de ces sommes.
Le 22 mai 2026, Ousmane Sonko affirmait devant les députés n’avoir jamais promis la suppression des fonds, contredisant les programmes de 2019 et 2024. La promesse de transparence s’est muée en un duel de chiffres où personne ne produit de comptes.
Abdourahmane Diouf a accusé Sonko d’avoir épuisé son enveloppe et demandé une rallonge, mais aucun document comptable n’a été rendu public. EMedia a tenté d’obtenir une réaction de la Primature, sans réponse.
