Une affaire présumée de faux documents administratifs et d’escroquerie foncière a été mise au jour par la Brigade de recherches (BR) de Keur Massar. Deux hommes, âgés de 45 et 42 ans, ont été arrêtés puis déférés devant le procureur de la République près le tribunal de Pikine-Guédiawaye. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à la fabrication et à l’utilisation de faux documents, dont une quittance présentée comme émanant de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID), obtenue contre deux millions de francs CFA.
L’affaire est partie d’une opération de régularisation foncière qui aurait mal tourné. Selon Seneweb visité par Senego, B. Ndiaye, qui avait acquis une parcelle à Malika Plage auprès de M. Ndiaye, aurait été mis en relation avec M. Diakhaté, un ingénieur en bâtiment de 45 ans domicilié à Lac Rose. Ce dernier lui aurait réclamé deux millions de francs CFA en échange d’une quittance censée être délivrée par les services fiscaux.
Pour faciliter l’opération, M. Diakhaté aurait sollicité H. Hanne, un boucher de 42 ans résidant à Keur Massar, qu’il présentait comme un agent des Impôts capable d’accélérer les démarches. D’après les éléments de l’enquête, H. Hanne se serait rendu au Centre des services fiscaux de Keur Massar. Après avoir reçu des instructions par téléphone, il serait sorti récupérer une enveloppe contenant l’argent auprès de B. Ndiaye, avant de remettre à ce dernier une autre enveloppe contenant la quittance litigieuse.
Mais le document a rapidement éveillé les soupçons de l’acquéreur. Celui-ci a constaté que le numéro de lot mentionné sur la quittance était le 17, alors que sa parcelle portait le numéro 11. Malgré ses demandes de correction et plusieurs relances, il n’aurait obtenu aucune solution. Il a finalement saisi le chef du Centre des services fiscaux de Keur Massar.
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Une plainte à l’origine de l’enquête
Le 20 octobre 2026, le chef du Centre des services fiscaux, relevant de la DGID, a déposé une plainte contre X auprès de la Brigade de recherches de Keur Massar, après la découverte de cette fausse quittance présentée comme un document officiel de ses services.
Les investigations ont conduit les enquêteurs à explorer la piste d’un réseau présumé impliqué dans des opérations immobilières frauduleuses et la confection de faux documents administratifs. Selon les soupçons, ses membres auraient recherché des clients, proposé des terrains et fabriqué des documents portant des cachets et signatures attribués à des autorités administratives, afin de donner une apparence de régularité aux transactions foncières.
Le 26 octobre, les gendarmes se sont rendus au Centre des services fiscaux de Keur Massar pour recueillir les éléments détenus par son responsable. Le lendemain, B. Ndiaye a été entendu par les enquêteurs. Il a confirmé avoir remis deux millions de francs CFA pour obtenir la quittance et détaillé les circonstances dans lesquelles le document lui avait été remis.
Il a également fourni aux enquêteurs un enregistrement audio dans lequel M. Diakhaté reconnaîtrait les faits et affirmerait qu’il ne dénoncerait pas ses complices présumés travaillant à la Direction des Impôts et des Domaines.
Sept cachets imités saisis au domicile du principal suspect
Les investigations ont permis de localiser M. Diakhaté à Keur Marême Mbengue, dans le département de Rufisque. Le 28 octobre, à partir de 7 heures, une équipe de surveillance et de filature a été déployée pour procéder à son interpellation.
À bord de son véhicule, le suspect aurait tenté de prendre la fuite. Dans sa manœuvre, il a violemment heurté un arbre, ce qui l’a contraint à immobiliser sa voiture. Il aurait ensuite quitté le véhicule pour se réfugier dans un bâtiment en construction, où les enquêteurs ont finalement réussi à l’appréhender.
La perquisition effectuée à son domicile a permis de saisir sept cachets imités, notamment ceux attribués à un préfet, à un sous-préfet, aux maires de Sangalkam et de Pikine, ainsi qu’au directeur général de la DGID. Quatre passeports, quinze photographies reproduisant des pièces d’identité et plusieurs documents administratifs préimprimés ont également été saisis.
Interpellé le même jour à 18 heures, H. Hanne a, pour sa part, reconnu avoir joué un rôle de facilitateur auprès de M. Diakhaté dans plusieurs opérations. Il a déclaré avoir reçu de ce dernier un total de 750 000 francs CFA, répartis en trois versements : 500 000 francs pour avoir servi de témoin et fourni sa pièce d’identité dans une vente de terrain, 150 000 francs pour une autre transaction foncière et 100 000 francs pour son intervention dans l’affaire de la fausse quittance.
Les investigations se poursuivent pour retrouver d’autres personnes citées dans le dossier, notamment B.K., M.N. et un individu non identifié qui travaillerait aux Impôts et Domaines de Keur Massar. Les enquêteurs cherchent également à déterminer l’ampleur du préjudice subi par les éventuelles victimes.
À l’issue de leur garde à vue, M. Diakhaté et H. Hanne ont été déférés ce vendredi devant le procureur Saliou Dicko, chef du parquet de Pikine-Guédiawaye. Ils sont notamment visés pour association de malfaiteurs, contrefaçon et usage de sceaux de l’État, faux en écriture publique authentique, escroquerie sur les services publics et escroquerie foncière.





