Une affaire impliquant deux auxiliaires-gendarmes en service à la compagnie de Rufisque défraie la chronique à Thiaroye. Yves Gbomane Bassang et Cheikh Mouhamadou Mansour Barro ont été arrêtés puis déférés devant le parquet de Pikine-Guédiawaye pour des faits présumés d’association de malfaiteurs, d’extorsion de fonds et d’usurpation de fonction.
Selon les éléments de l’enquête menée par la brigade de recherches de Keur Massar, les faits se sont déroulés le 16 juin 2026 aux environs de 18 heures au marché de Thiaroye. Les deux militaires, accompagnés d’un troisième individu identifié comme Mamadou Diop, actuellement en fuite, se seraient présentés auprès d’un commerçant spécialisé dans la vente de téléphones.
Se faisant passer pour des gendarmes en mission, les suspects auraient accusé leur cible d’être impliquée dans le vol d’une moto. Profitant de la confusion créée par cette accusation, ils auraient procédé à une fouille du commerçant après lui avoir passé les menottes, avant de s’emparer d’une somme de 110 000 francs CFA.
Selon les enquêteurs, c’est après le départ des mis en cause que la victime a réalisé qu’elle venait d’être victime d’une supercherie. Elle a alors alerté les personnes présentes sur les lieux. Si le troisième suspect a réussi à prendre la fuite à moto, les deux autres ont été rapidement rattrapés et maîtrisés par des riverains avant d’être remis aux forces de l’ordre.
L’enquête a également permis d’établir qu’un chauffeur de taxi Yango les avait transportés sur les lieux sans être impliqué dans les faits. Après audition, il a été mis hors de cause.
Lors des fouilles effectuées après leur interpellation, les policiers ont découvert plusieurs objets compromettants. Une arme factice a été retrouvée sur Cheikh Mouhamadou Mansour Barro, tandis qu’une paire de menottes ainsi qu’une fausse carte professionnelle ont été saisies sur Yves Gbomane Bassang.
Face aux enquêteurs, les deux suspects seraient passés aux aveux. L’un d’eux aurait expliqué son implication par des difficultés financières liées à la situation sanitaire de sa mère. Le second a reconnu avoir fait confectionner une fausse carte professionnelle auprès d’un individu installé à proximité de leur lieu d’affectation.
À l’issue de leur garde à vue, les deux auxiliaires-gendarmes ont été présentés au parquet du tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, immixtion sans titre dans l’exercice de fonctions publiques et extorsion de fonds sous la menace.
Placés sous mandat de dépôt, ils devront répondre de ces accusations lors de leur procès en flagrant délit prévu le 22 juin 2026. Les recherches se poursuivent par ailleurs pour retrouver leur présumé complice toujours en fuite.


