Expert : une éventuelle intervention américaine au Mali se limiterait probablement à des frappes aériennes

« La possibilité d’une offensive militaire américaine reste assez limitée. » C’est l’analyse livrée par le chercheur américain Andrew Lebovitch, spécialiste du Sahel, après la révélation par le Washington Post que l’administration Trump étudie des options militaires au Mali.

Publiée le 22 juillet, l’information du quotidien américain cite des responsables en fonction et d’anciens responsables. Elle fait état de divergences au sein de l’administration sur la stratégie à adopter. Cette perspective intervient alors que Bamako et Washington ont récemment lancé un dialogue stratégique. Le 18 juillet, les deux pays ont officialisé des discussions sur la lutte antiterroriste, la transition énergétique et les investissements américains, sans jamais évoquer une intervention militaire directe.

Contacté par RFI Afrique, Andrew Lebovitch explique que si une action devait se concrétiser, « ce serait plutôt probablement des frappes aériennes, mais pas une vraie offensive militaire ». Il rappelle que les États-Unis ne disposent pas de forces au Mali, à la différence du Nigeria où ils sont récemment intervenus. L’impact d’éventuelles frappes serait donc « très limité ». Quant à la présence des Russes de l’Africa Corps aux côtés des forces maliennes, le chercheur juge qu’« une intervention de plus ne va pas changer la donne ».

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a réagi le 23 juillet en marge d’un salon sur la défense à Bamako. « Nous n’avons aucune information, aucune déclaration officielle des États-Unis sur cette question », a-t-il déclaré, ajoutant que le Mali n’était « pas assis en train d’attendre que d’autres viennent régler notre problème ».

Cette séquence s’inscrit dans un contexte sécuritaire dégradé. Le 25 avril, une série d’attaques coordonnées menées par des rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA) et des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) leur a permis de prendre le contrôle d’une partie du nord du Mali. Le ministre de la Défense avait été tué lors de ces affrontements. Les États-Unis avaient alors vivement condamné l’attaque et réaffirmé leur soutien au gouvernement malien.

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