Evaluation Politiques publiques : Lamine Diagne plaide pour une refonte de l’action publique

Lamine Diagne, expert en politique sociale et fondateur du cabinet Performance et Transformation, plaide pour une refonte en profondeur de l’action publique au Sénégal, fondée sur la généralisation de l’évaluation des politiques publiques. Selon lui, cette orientation, portée au plus haut niveau de l’État, marque une rupture majeure dans la manière de concevoir et de piloter les politiques publiques, en les inscrivant désormais dans une logique de performance, de souveraineté économique et de redevabilité démocratique, où « l’évaluation constitue aujourd’hui un véritable levier stratégique de transformation ».

Lamine Diagne, expert en politique sociale et fondateur du cabinet Performance et Transformation, dans sa note transmise à Senego, défend une refonte profonde de l’action publique au Sénégal à travers la généralisation de l’évaluation des politiques publiques, qu’il considère comme un levier central de modernisation et de performance.

Selon lui, cette orientation impulsée au plus haut niveau de l’État marque une rupture majeure : « Au-delà d’un simple outil technique, l’évaluation constitue aujourd’hui un véritable levier stratégique de transformation », souligne-t-il, estimant qu’elle répond aux exigences croissantes de souveraineté économique, d’efficacité budgétaire et de redevabilité démocratique.

L’ancien collaborateur de Sébastien Lecornu insiste sur la nécessité de passer d’une “culture du résultat” à une “culture de l’impact”. Il critique une approche traditionnelle centrée sur la réalisation d’actions (infrastructures, programmes, aides), jugée insuffisante : « L’enjeu n’est plus seulement de savoir si une action a été réalisée, mais de comprendre ce qu’elle produit réellement sur la population », explique-t-il.

Pour Lamine Diagne, l’évaluation doit permettre de répondre à une question centrale : « Mieux dépenser plutôt que seulement dépenser ». Elle devient ainsi un outil d’aide à la décision visant à orienter les ressources vers les actions les plus efficaces en matière de réduction des inégalités, d’inclusion et de développement.

Le spécialiste plaide également pour une diffusion large de cette culture évaluative au sein de l’ensemble de l’appareil public — administrations, collectivités, agences et acteurs délégataires — et appelle l’État à structurer cet écosystème à travers un cadre national, des outils adaptés et une montée en compétence des acteurs.

Il distingue par ailleurs l’évaluation des politiques publiques, qui juge les politiques nationales, de la mesure d’impact, davantage adaptée aux ONG et structures locales, centrée sur les transformations concrètes produites sur les bénéficiaires.

Enfin, dans le contexte de la décentralisation, il estime que les collectivités territoriales devront désormais démontrer non seulement leur capacité d’exécution budgétaire, mais aussi leur impact réel sur le développement local. Pour lui, cette évolution dépasse la seule réforme administrative : elle participe d’un projet de souveraineté fondé sur la performance et l’efficacité de l’action publique.

En conclusion, Lamine Diagne résume cette ambition comme un choix stratégique majeur : construire un modèle de développement fondé sur « l’impact, la responsabilité collective et la création durable de valeur sociale ».

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