Wagui Diankha (DUNDU) : « Le citoyen sénégalais exige désormais des résultats, pas des annonces »

Le cadre du parti DUNDU, Wagui Diankha, expert en sciences politiques et en conduite de projet, via une tribune, dresse un diagnostic sévère de l’action publique au Sénégal. Selon lui, le pays traverse une crise de méthode autant qu’une crise de résultats. Et de souligner que le citoyen sénégalais exige désormais des résultats, pas des annonces.

« En science politique, le contrat social repose sur un accord fondamental : le citoyen consent à l’effort national en échange d’une amélioration concrète et mesurable de ses conditions de vie », rappelle-t-il d’emblée. Or, estime-t-il, « l’exigence citoyenne a évolué. Nos compatriotes ne se contentent plus de déclarations d’intention ou de promesses de rupture ; ils exigent des résultats ».

Une action publique centrée sur l’annonce

Pour Wagui Diankha, l’État continue d’évaluer son action « à l’aune des lois votées ou des budgets déployés », alors que « la seule véritable mesure de l’efficacité gouvernementale est l’impact réel sur le quotidien ». Dans un contexte marqué par la cherté de la vie, il plaide pour « une véritable culture de l’évaluation et de la cohérence au sommet de l’État ».

À ses yeux, l’économie réelle paie le prix d’une gestion budgétaire de court terme. « Face aux urgences budgétaires, la facilité pousse l’État à accroître la pression fiscale et les contrôles sur les entreprises du secteur formel », analyse-t-il. Une stratégie qu’il juge contre-productive : « Asphyxier ce tissu économique pour combler des déficits à court terme est une impasse qui détruit les emplois de demain. »

Intégrer l’informel plutôt que surtaxer le formel

La réforme structurelle, selon lui, passe par « l’élargissement de l’assiette fiscale par l’intégration progressive du secteur informel ». Il insiste sur la nécessité d’une véritable « conduite du changement », fondée sur des incitations concrètes : « simplification administrative, accès au crédit et protection sociale ».

Mais au-delà des choix économiques, Wagui Diankha pointe un autre frein majeur : l’« illisibilité institutionnelle ». « Les investisseurs, qu’ils soient locaux ou internationaux, ont horreur de l’incertitude », avertit-il. Il évoque des « bruits de fond et des frictions institutionnelles latentes au sommet de l’exécutif » qui alimentent un attentisme préjudiciable à la croissance.

« L’État n’est pas une arène politique ; c’est le garant de notre stabilité », martèle-t-il, estimant que « chaque jour passé dans le flou institutionnel est un jour perdu pour la croissance ». Pour lui, « on ne peut pas redresser le pays avec un État qui navigue à vue ».

Le PARÉ comme alternative

Face à ce qu’il qualifie de « double impasse », étouffement des PME et flou institutionnel, Wagui Diankha appelle à une alternative structurée. Il met en avant l’ambition portée par le parti DUNDU et son leader, Mouhamadou Madana Kane.

À travers le PARÉ (Programme Accéléré de Redressement Économique), « la feuille de route est sur la table », affirme-t-il. L’objectif : « cesser d’étouffer ceux qui créent de la richesse, élargir notre base économique, restaurer une gouvernance institutionnelle apaisée et soumettre chaque politique publique à une exigence absolue de résultats ».

En dernière analyse, l’expert en sciences politiques se veut clair : « L’avenir de notre pays ne se construira pas sur des slogans ou des tâtonnements. L’heure est à la compétence et à l’efficacité. » Et d’appeler à « remettre la méthode et l’humain au cœur de la République ».

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