Politiques publiques au Sénégal : Lamine Diagne pointe le défi de l’évaluation

Expert en politique sociale et coach en performance, Lamine Diagne alerte sur les limites du pilotage actuel des politiques publiques au Sénégal. Fort d’une expérience de plus de vingt-cinq ans, il appelle à dépasser la simple transparence pour instaurer une véritable culture de l’impact. Selon lui, la transparence ne suffit pas. M. Diagne plaide pour une culture de l’impact.

Pour Lamine Diagne, le Sénégal ne souffre pas d’un manque de politiques publiques, mais d’un déficit de méthode et d’évaluation. « Le pays dispose de bonnes politiques publiques, mais la pierre d’achoppement reste l’absence d’expérience et de méthode dans leur pilotage », analyse-t-il.

L’expert ambitionne d’accompagner les acteurs publics, les collectivités territoriales, les ONG et les entreprises dans l’amélioration de leur efficacité. « L’objectif est d’aider ces structures à mieux piloter leur stratégie, améliorer leur performance et surtout mesurer leur impact réel sur les populations », explique-t-il.

De la transparence à l’impact

Dans un contexte marqué par les discours sur la reddition des comptes, Lamine Diagne invite à aller plus loin. « La transparence garantit la régularité de l’action publique, mais elle ne permet pas de juger de la valeur réelle produite pour les citoyens », souligne-t-il. Une limite majeure, selon lui, à l’heure où les attentes sociales sont fortes et les ressources contraintes.

L’expert insiste également sur la nécessité de repenser la notion d’acteur public : « L’action publique ne concerne pas uniquement l’État, mais aussi les collectivités territoriales, les ONG et les structures associatives qui interviennent au plus près des populations. »

Une expérience internationale mise à contribution

Son approche s’appuie sur un parcours solide, notamment en France, au Conseil départemental de l’Eure. En tant que Directeur de la qualité et des politiques de solidarité, il a participé à l’élaboration du Pacte de Solidarité 2023-2028, fruit de six mois de concertation. « Ce document est devenu un véritable bréviaire pour orienter l’action publique, avec des objectifs clairs et des indicateurs partagés », rappelle-t-il.

Une expérience qu’il entend aujourd’hui adapter au contexte sénégalais. « Nous voulons mettre ces acquis au service du développement du Sénégal », affirme-t-il.

Un triptyque pour transformer l’action publique

Pour répondre aux défis identifiés, Lamine Diagne propose une démarche structurée autour de trois axes :
« Évaluer, accompagner, transformer. Il s’agit d’analyser les effets réels des politiques, de renforcer les capacités des acteurs et d’ajuster les actions pour améliorer durablement leur impact. »

Au-delà du diagnostic, il lance un appel à une mutation des pratiques : « Les institutions doivent désormais structurer leurs interventions autour d’objectifs mesurables et s’inscrire dans une logique d’amélioration continue. »

Un changement de paradigme qu’il juge indispensable pour bâtir « des politiques publiques plus efficaces, plus lisibles et surtout plus utiles pour les citoyens ».

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