État civil : des victimes racontent leurs blocages et leurs pertes financières

Plus de 100 Sénégalais seraient bloqués en Occident à cause de problèmes liés à l’état civil. À Dakar, des victimes réunies au sein du Collectif des victimes de remplacement d’identité ont raconté les conséquences de ces blocages.

Leurs démarches concernent notamment le passeport, la carte d’identité, l’emploi, les déplacements et les opérations bancaires. Les témoignages ont été rapportés par L’Observateur dans son édition du lundi 21 septembre 2026. Dakaractu a également rendu compte de ces témoignages.

Mouhamadou Lamine Sy, 31 ans, explique que ses difficultés ont commencé en 2024 à Madrid. Installé en Espagne depuis dix ans, il s’était présenté au consulat du Sénégal pour renouveler un passeport arrivé à expiration. Son dossier a été transmis à la Direction de l’automatisation des fichiers après la découverte d’un autre dépôt sous le même nom.

Sans nouveau passeport, ses démarches liées au titre de séjour en Espagne se sont compliquées. Il affirme aussi que ses projets professionnels ont été fragilisés. Des intermédiaires lui auraient demandé de l’argent en promettant de régulariser sa situation. Le montant versé, selon son témoignage, s’élève à 2,4 millions de francs CFA.

Revenu au Sénégal, il poursuit une activité dans la vente de voitures. Faute de documents personnels utilisables, il dit avoir inscrit son entreprise au nom de sa mère et recourir à sa sœur pour certaines opérations bancaires.

Ngoné Ndiaye, 23 ans, dit vivre une situation similaire. Après avoir engagé une demande de carte d’identité en avril 2025, elle a appris que son numéro de registre d’état civil était considéré comme un doublon. Les rendez-vous successifs lui ont occasionné des frais de dossier, de transport et de formalités.

L’absence de pièce d’identité réduit ses possibilités de travailler. Elle raconte également éviter certains déplacements nocturnes par peur des contrôles de police et ne pas avoir de compte de transfert d’argent à son nom.

Pape Demba Diop évoque, lui, le cas de son fils Mamadou Maurice, âgé de 28 ans. Celui-ci n’a pas obtenu sa carte d’identité à sa majorité, malgré la présentation de documents familiaux. Dix ans après, les difficultés touchent encore son accès à l’emploi, ses voyages et la prise en charge de son foyer.

Le père affirme avoir refusé une proposition fondée sur l’utilisation de faux documents. Il estime que son fils ne devrait pas devoir commettre une fraude pour obtenir un document auquel il a droit.

Le 7 juillet 2026, Me Patrick Kabou affirmait que plus de 100 Sénégalais étaient bloqués en Occident à cause de fraudes à l’état civil.

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