Sans doute, le Gouvernement a la volonté de jouer la carte de la transparence dans la communication sur les revenus du pétrole et du gaz. Le communiqué du ministère en charge de l’Énergie est opportun s’oriente vers cette direction, surtout au regard de la confusion sur la clé de répartition des ressources.
Ainsi, d’après le département dirigé par El Hadji Abdourahmane Diouf, le nombre de barils sortis du champ de Sangomar, au 1er trimestre de 2026, s’élève à 8 963 359 barils. La valeur brute en argent de cette production est estimée à 759,2 de dollars américains, soit 455, 5 milliards de francs CFA.
L’Etat sénégalais en tire 37,1 millions, c’est-à-dire un peu plus de 22 milliards de nos francs. Faites le calcul : le solde de 433 milliards FCFA va alors à WoodsideEnergy. Reste à savoir maintenant le montant exact des coûts supportés par ladite compagnie et le bénéfice qu’elle obtient après déduction de ses dépenses. C’est aussi une question de transparence.
Au regard des chiffres bruts et tenant compte des 22 milliards du 1er semestre, une projection annuelle (année budgétaire 2026) donnerait à peu près 90 milliards FCFA à l’État du Sénégal. S’il est vrai que ce montant ne tient pas compte des dividendes de @Groupe_PETROSEN, des impôts et taxes, il ne demeure pas moins que nous sommes très loin des 700 milliards annuels escomptés pour la quote-part que devrait recevoir notre pays de l’exploitation des ressources pétrolières et gazières.
À titre d’exemple, les 90 milliards prévus d’ici la fin de l’année, si cela se confirme, ne couvriront même pas la MASSE SALARIALE MENSUELLE de notre Fonction publique qui est de 125,2 milliards pour ses 191 000 salariés.
MORALITÉ : notre pétrole, en dépit des fantasmes, est encore loin d’être de L’OR ! En tous cas, pas pour nous pour l’instant.
Au-delà de la question d’argent, qui est d’une haute importance, le Sénégal gagnerait surtout à mettre résolument et concrètement en application sa STRATÉGIE du « Gas to power » (électricité pour tous) et du « Gas to industry » (industrialisation).
Un consensus national sur ce sujet est fortement souhaitable par-delà les divergences politiques et les débats nécessaires pour faire jaillir la lumière, au propre (énergie, électricité) et au figuré (transparence).
Cette stratégie de l’État est d’autant plus pertinente que ses subventions à l’énergie atteindraient déjà de 729 milliards afin de maintenir les prix. Elles pourraient même dépasser les 1000 milliards de FCFA (ministère des Finances (Cheikh Diba, ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, le 22 mai 2026 devant l’Assemblée nationale).
On apprend que les coûts d’exploitation de @KosmosEnergy sur le Projet gazier de GTA pourraient baisser de 50%. CQFD.
Le défi et l’enjeu pour notre pays sont de faire en sorte que le pétrole et le gaz nous utiles (développement et prospérité) et non nuisibles (malédiction).
TRANSPARENCE. C’est la mission et le combat de l’Office national de lutte contre la corruption, depuis quelques années, par rapport à la Déclaration de patrimoine des assujettis.
Après l’expiration du délai qui était au 31 juillet dernier, l’#OFNAC annonce la publication, le 10 août tout prochain, de la liste des assujettis, y compris les récalcitrants.
Nous l’avons déjà dit, à l’image du tigre, l’OFNAC que dirige le magistrat Moustapha Ka, n’a pas besoin de proclamer sa tigritude, son OFNAC-TITUDE, il bondit sur les défaillants et… les punit !!!
Faute de faire naturellement son travail, l’Office national de lutte contre la corruption devrait simplement supprimé pour inefficacité. Hier comme aujourd’hui, il faut l’admettre : les lois, institutions et mécanismes mis en place pour assurer la transparence et la gestion saine des deniers publics n’ont pas beaucoup réussi. Pour dire le moins.
L’OFNAC version Macky Sall a remplacé l’OFNAC version Bassirou Diomaye Faye, mais on attend toujours des résultats tangibles.
La NÉBULEUSE semble avoir encore de beaux jours devant elle. Refusons la fatalité de l’échec.
Mamoudou Ibra KANE
Demain C’est Maintenant
