Lors de l’ouverture du forum académique, mardi à Ziguinchor, les discussions ont porté sur la refondation curriculaire, c’est-à-dire la révision des finalités, des contenus et des supports de l’école. La rencontre a regroupé des autorités administratives, des représentants des collectivités territoriales, des acteurs éducatifs, des partenaires sociaux, des organisations communautaires et des membres de la société civile, a constaté l’APS.
Ce rendez-vous s’inscrit dans une série de concertations prévues dans les seize académies du Sénégal. Les propositions recueillies à Ziguinchor doivent contribuer à une réforme portée par le ministère de l’Éducation nationale, en cohérence avec l’Agenda national de transformation et la Vision Sénégal 2050. Le représentant du ministère, l’inspecteur de l’éducation Ibrahima Diagne, a indiqué que la réforme ne devait plus relever uniquement des personnels de l’éducation et qu’il fallait « écouter toutes les parties prenantes ».
Les participants travaillent sur quatre volets : les finalités de l’école et les valeurs à transmettre, la gouvernance du système, les programmes et matériels pédagogiques, ainsi que les innovations envisagées. Parmi les pistes évoquées figurent le renforcement de l’anglais au préscolaire et à l’élémentaire, une meilleure place pour les langues nationales, le développement du numérique éducatif et l’appui aux sciences et aux mathématiques. Une autre mesure de réforme a déjà été actée : la suppression du concours d’entrée en Sixième à compter de la session 2026, avec de nouvelles modalités pour le Certificat de fin d’études élémentaires (CFEE).
À Ziguinchor, cette concertation intervient aussi dans une académie où les performances du secondaire ont été discutées ces derniers mois : en avril 2026, le taux de réussite au baccalauréat y avait été chiffré à 38 %, en recul de trois points par rapport à l’année précédente. L’inspecteur d’académie Papa Gorgui Ndiaye a rappelé que les autorités veulent éviter une réforme menée « à huis clos ».
Les échanges ont aussi accordé une place au numérique et à l’intelligence artificielle dans la modernisation des apprentissages. Pour les responsables éducatifs présents, les contenus et les pratiques pédagogiques doivent tenir compte de l’évolution des modes d’apprentissage et des exigences liées aux métiers du futur. Papa Gorgui Ndiaye a expliqué qu’il s’agissait de partager les enjeux de la réforme et d’obtenir l’adhésion ainsi que l’implication effective des acteurs.
