Après le boycott des ateliers, la concession stratégique de la Direction des bourses pour relancer la réforme des paiements

Le climat était devenu électrique entre l’administration et les représentants d’étudiants au début du mois de février. Suite à l’échec partiel des derniers travaux de réflexion, marqués par le départ précipité de plusieurs délégués, la réforme du système de paiement des allocations semblait compromise. Face à cette impasse, l’autorité de tutelle opère un changement de méthode pour tenter de sauver le processus de modernisation.

La Direction des bourses a officialisé, ce vendredi 6 février 2026, une nouvelle approche visant à désamorcer la crise. Dans un communiqué relayé par *Le Quotidien*, l’institution annonce l’ouverture imminente d’une « vaste série de concertations ». Cette initiative marque une rupture avec le format précédent : l’administration entend désormais engager un dialogue direct avec les représentants des étudiants de l’ensemble des établissements publics d’enseignement supérieur du Sénégal.

**Une volonté d’apaisement après la rupture**

Cette décision intervient en réaction immédiate aux incidents survenus lors de l’atelier de réflexion des 2 et 3 février derniers. La rencontre, censée jeter les bases techniques de la réforme, s’était soldée par des frictions notables. Jean Amédé Diatta avait alors déploré le retrait de certains délégués avant même l’entame des travaux en commission, signalant une rupture de confiance entre les parties prenantes.

Pour la Direction des bourses, il s’agit de ne pas laisser le fossé se creuser. L’objectif affiché est d’intégrer les propositions concrètes des bénéficiaires pour aboutir à un système jugé plus équitable. L’administration qualifie cette démarche de « responsabilité partagée », insistant sur le fait que la modernisation des allocations ne peut se faire sans l’adhésion des principaux concernés.

**Vers un nouveau décret réglementaire**

L’enjeu de ces futures concertations dépasse la simple pacification de l’espace universitaire. Il s’agit de préparer le terrain pour l’élaboration d’un nouveau décret. Ce cadre réglementaire doit corriger les dysfonctionnements actuels, notamment en améliorant la lisibilité des critères d’attribution et en sécurisant le fonctionnement technique des versements pour éviter les retards récurrents.

Selon les autorités, ces échanges constituent désormais un « passage obligé » pour garantir une gestion plus efficace des deniers publics alloués aux étudiants. La réussite de cet « agenda de transformation » dépendra de la capacité de la Direction à convaincre les partenaires sociaux que cette réorganisation vise à pérenniser le système et non à le fragiliser.

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