DPG : dette autour de 132 % du PIB, PRES à 6 166 milliards et recettes à 56,9 %

Le Sénégal fait face à une forte pression sur ses finances publiques. Devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô a présenté, mardi 8 septembre 2026, sa Déclaration de politique générale, au terme d’une intervention de près de douze heures. La feuille de route de l’exécutif a été largement commentée par les quotidiens reçus à l’APS, dans un contexte où l’ampleur de la dette domine le débat économique.

Le Premier ministre a indiqué que la dette du secteur public consolidé atteignait environ 132 % du PIB à la fin de 2024, soit plus de 23 500 milliards de FCFA. Selon un autre périmètre de calcul, l’encours total de la dette publique s’élevait cette année-là à 25 583 milliards de FCFA, soit 128,6 % du PIB. La dette du secteur parapublic est, elle, passée de 816 milliards de FCFA en 2019 à 1 917 milliards en 2024, ce qui alimente la pression sur les comptes publics au-delà du seul budget de l’État.

Le déficit budgétaire de 2024 a été réévalué à 13,7 % du PIB. En 2025, la croissance hors hydrocarbures s’est limitée à 2,2 %, tandis que le déficit est resté à 6,4 % du PIB.

Le déséquilibre entre l’épargne et l’investissement demeure également important. L’épargne nationale devrait représenter 24 % du PIB en 2026, contre des besoins d’investissement estimés à 31 %. Les transferts de la diaspora ont atteint 2 642 milliards de FCFA en 2025.

Un plan de redressement économique de 6 166 milliards

Le gouvernement mise sur le Plan de Redressement Économique et Social, dont l’ambition financière s’élève à 6 166 milliards de FCFA. À fin août 2026, les recettes domestiques s’établissaient toutefois à 172,5 milliards de FCFA pour un objectif de 303,3 milliards, soit 56,9 % de réalisation.

L’exécutif prévoit aussi de traiter les arriérés de paiement de l’État, évalués à 1 956 milliards de FCFA à fin mars 2025, pour 5 425 dossiers. La réforme des subventions aux carburants est également annoncée. Sur environ 800 milliards de FCFA, 65 % profiteraient aux 20 % des ménages les plus aisés.

Le transfert au FONSIS d’actifs marchands de l’État, estimés à 1 000 milliards de FCFA, doit permettre de mobiliser près de 5 000 milliards de FCFA et de créer 200 000 emplois.

Protection sociale et secteurs prioritaires

Le dispositif social couvre 355 013 ménages pauvres sur 1 000 649 ménages vulnérables recensés par l’ANSD. Le déficit s’élève ainsi à 645 636 ménages. Le gouvernement vise la prise en charge d’un million de ménages pauvres et vulnérables. L’enveloppe sociale, portée à 70 milliards de FCFA en septembre 2026, doit atteindre 140 milliards en 2027.

Dans l’énergie, l’objectif annoncé est de réduire de 30 % le prix du kilowattheure d’électricité d’ici 2030, alors que 6 471 localités restent à électrifier. Les réserves prouvées sont évaluées à 960 millions de barils de pétrole et 560 milliards de mètres cubes de gaz sur Sangomar et Grand Tortue Ahmeyim.

Le déficit de logements est estimé à 500 000 unités, avec 10 000 à 15 000 unités supplémentaires chaque année. L’objectif fixé est de livrer 30 000 logements par an. Le gouvernement vise aussi 1 520 000 emplois à l’horizon 2029.

En agriculture, les objectifs de couverture des besoins nationaux sont de 64 % pour le riz, 114 % pour la pomme de terre, 100 % pour l’oignon, 96 % pour la viande et 40 % pour le lait. Dans la santé, 80 % des ressources publiques et privées sont concentrées à Dakar. Le pays compte un lit d’hôpital général pour près de 2 600 habitants et un lit de réanimation pour 147 000 habitants.

Ces données et mesures ont été rapportées dans la présentation publiée par dakar92. En 2025, 4 980 enseignants ont été recrutés et 2 527 recrutements supplémentaires sont prévus avant la fin de 2026.

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