Doudou Ndiaye Rose : son rythme continue de résonner dans le sabar, les orchestres qu’il a inspirés et les générations de percussionnistes qu’il a formées

À 85 ans, Doudou Ndiaye Rose a laissé derrière lui une œuvre qui dépasse les frontières du Sénégal. Né Mamadou Ndiaye et originaire de Dakar, le percussionniste, issu d’une famille de griots, s’est consacré très tôt au sabar.

Au fil de sa carrière, il est devenu un chef d’orchestre reconnu pour sa capacité à diriger simultanément des dizaines de batteurs. Ses constructions rythmiques lui ont valu les surnoms de « tambour-major » et de « mathématicien des rythmes ».

Son art a accompagné des collaborations avec Miles Davis, les Rolling Stones, Peter Gabriel et Dizzy Gillespie. Il a également participé aux commémorations du bicentenaire de la Révolution française, organisées à Paris en 1989. Dans un récit publié par dakar92, cette trajectoire est présentée comme celle d’un artiste ayant contribué à faire connaître le sabar sur les scènes internationales.

L’héritage du sabar s’est aussi construit dans la transmission. Doudou Ndiaye Rose a fondé une école de percussion à Dakar, où plusieurs générations de batteurs ont été formées. Il a par ailleurs créé un orchestre féminin de percussion, élargissant la pratique du tambour au-delà de ses cadres traditionnels.

En 2006, l’UNESCO l’a inscrit parmi les « Trésors humains vivants ». Cette distinction a reconnu son rôle dans la sauvegarde et la transmission du patrimoine culturel sénégalais.

Le 19 août 2015, après un malaise, le maître du sabar est décédé à l’hôpital Aristide-Le-Dantec. Il avait été vu la veille aux obsèques du percussionniste Vieux Sing Faye, mort le 18 août. Le lendemain, Doudou Ndiaye Rose a été enterré au cimetière musulman de Yoff après la prière mortuaire.

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