À 85 ans, Doudou Ndiaye Coumba Rose avait derrière lui une trajectoire qui dépassait largement les frontières du Sénégal. Pape Malick Thiam revient sur cette vie d’artiste dans un ouvrage consacré à l’histoire, à la musique et à l’homme.
Le livre sur Doudou Ndiaye Coumba Rose présente un musicien capable de faire passer le tam-tam d’un usage local à une expression artistique entendue sur plusieurs continents. Dans un entretien publié par dakar92, son auteur explique avoir voulu raconter l’ensemble de son parcours, ses relations avec les anciens, les décideurs, les lutteurs, les femmes, les artistes internationaux, le cinéma et les rappeurs sénégalais.
Le déclic est venu en 2019, lors du quatrième anniversaire du décès du percussionniste. Journaliste et reporter à la télévision, Pape Malick Thiam avait alors couvert l’hommage organisé au domicile de l’artiste. La faible affluence de cette cérémonie l’a conduit à envisager d’abord un court reportage, avant de retenir le livre comme forme d’hommage.
L’auteur décrit un musicien qui avait appris très tôt à lire le solfège et à composer ses propres rythmes. Cette formation lui permettait de remodeler les sonorités et de faire évoluer le sabar grâce à des arrangements nouveaux et à des collaborations avec des rappeurs, des cinéastes internationaux, des musiciens de jazz ou de techno, ainsi qu’avec Julien Jouga au sein de la chorale Saint Joseph de la Médina.
Son parcours est également associé à des scènes et des villes situées hors du Sénégal, notamment Abidjan, Kigali, Paris, Bruxelles, Washington, Tahiti et Tokyo. Pour Pape Malick Thiam, la percussion pouvait toucher les émotions au-delà des langues, tandis que les costumes, les rythmes et la présence de nombreux tambours composaient un spectacle reconnaissable.
Les témoignages recueillis pour l’ouvrage montrent aussi un père présent auprès de ses enfants. Il les accompagnait en tournée et veillait à leur bien-être financier et moral, malgré sa notoriété internationale.
Pour documenter cette trajectoire, l’auteur a consulté des archives, des articles de presse, des documents audiovisuels et les récits de proches. L’accès incomplet à certaines archives l’a amené à s’appuyer davantage sur les personnes qui avaient connu le percussionniste.
Le livre est signé par Pape Malick Thiam, journaliste sénégalais formé au CESTI de Dakar et actuellement en Master à l’Akademie de la Deutsche Welle, et publié par L’Harmattan Sénégal.
