Plus de cinquante ans après sa création, la CEDEAO compte désormais douze États membres, contre quinze avant le retrait officiel du Mali, du Burkina Faso et du Niger, effectif depuis le 29 janvier 2025. Une saignée qui fragilise un projet d’intégration déjà à la peine, malgré des avancées comme la libre circulation des personnes ou le tarif extérieur commun entré en vigueur en 2015.
Selon Reuters, les trois pays ont justifié leur départ en accusant l’organisation de s’être éloignée des idéaux fondateurs et en dénonçant les sanctions imposées après les coups d’État. La rupture a été précipitée par les positions belliqueuses de certains dirigeants, notamment Alassane Ouattara et Patrice Talon, qui avaient soutenu une intervention militaire au Niger en 2023. Selon une enquête d’Afrique-sur7, les trois pays sahéliens envisageraient de lancer leur propre monnaie commune d’ici 2027.
Un commerce régional toujours sous la barre des 15 %
Malgré cinquante ans d’efforts, les échanges intra-communautaires plafonnent entre 11,5 % et 15 % du commerce total de la zone, loin de l’objectif de 20 %. Le tarif extérieur commun, qui prévoit cinq bandes tarifaires allant de 0 % à 35 %, n’a pas suffi à stimuler les transactions, alors que plus de 15 000 entreprises sont agréées pour près de 50 000 produits dans le cadre du schéma de libéralisation des échanges.
Pendant ce temps, l’Alliance des États du Sahel (AES), formée par les trois pays sortants, a instauré fin mars 2025 un nouveau tarif douanier de 0,5 % sur les importations en provenance de pays tiers, créant une concurrence directe avec le dispositif de la CEDEAO.
Le Sénégal aux commandes
Le 19 juillet 2026, le chef de l’État sénégalais Bassirou Diomaye Faye a été élu président en exercice de la CEDEAO lors du sommet de Freetown. Il remplace le Sierra-Léonais Julius Maada Bio, qui avait lui-même appelé l’organisation à passer « des déclarations aux résultats » pour ses cinquante prochaines années. À compter du 1er septembre 2026, le général sénégalais Birame Diop prendra la tête de la Commission de la CEDEAO, succédant au Gambien Omar Alieu Touray.
En juin 2026, la Commission de la CEDEAO avait réuni à Accra les hauts responsables du commerce des États membres pour stimuler le marché commun régional, un préalable indispensable à l’intégration monétaire.
