Bassirou Diomaye Faye a soutenu en juillet 2026 la candidature de son prédécesseur Macky Sall au secrétariat général des Nations unies, après plusieurs mois de relations tendues. Leur rencontre, prévue le 17 juillet au palais présidentiel, constitue leur première audience depuis la passation de pouvoir d’avril 2024, selon senenews. Macky Sall mène une campagne active pour succéder à António Guterres et a besoin du parrainage officiel du Sénégal pour donner davantage de poids à sa candidature.
Ce soutien place Diomaye Faye au croisement d’un impératif diplomatique et d’un risque politique intérieur. La visite de Macky Sall divise l’opinion : certains y voient une démarche utile à la représentation du Sénégal, d’autres une entorse aux promesses de justice associées à la rupture politique de 2024. L’ancien chef de l’État, qui a dirigé le pays de 2012 à 2024, a qualifié l’appui reçu d’honneur et décrit leurs échanges comme cordiaux et constructifs. Jusque-là, le gouvernement n’avait pas soutenu sa candidature.
Ce changement de cap intervient alors que Bassirou Diomaye Faye a lancé, le 25 juillet, son parti, « Kiiraay – Les Patriotes Républicains », officialisant sa rupture avec Ousmane Sonko, son ancien mentor. Le Premier ministre avait été limogé en mai. Le président a aussi rencontré Karim Wade lors d’un déplacement au Qatar. Des analystes estiment que Diomaye pourrait rechercher des soutiens à l’APR ou au PDS, alors que Pastef contrôle l’Assemblée nationale.
Abdoulaye Wade dans les gouvernements d’Abdou Diouf
Après avoir affronté Abdou Diouf aux présidentielles de 1983 et 1988 et avoir été arrêté à la suite de contestations électorales, Abdoulaye Wade a rejoint en avril 1991 un gouvernement d’union nationale avec quatre autres cadres du PDS. Il y a occupé le rang de ministre d’État. En octobre 1992, les ministres libéraux ont quitté l’équipe, reprochant au Parti socialiste sa domination sur l’exécutif.
Emprisonné en février 1994 après les émeutes qui ont suivi la présidentielle de 1993, Wade a été libéré quelques mois plus tard. Il est revenu dans un gouvernement Diouf en 1995, toujours comme ministre d’État. En mars 2000, il a battu l’ancien président dans les urnes.
Moustapha Niasse entre alternances et alliances
Moustapha Niasse a quitté le Parti socialiste en 1999 pour créer l’AFP. Au second tour de la présidentielle de 2000, son ralliement à Wade a contribué à la première alternance. Il est devenu Premier ministre, avant d’être limogé moins d’un an après et de rejoindre l’opposition. En 2012, il a soutenu Macky Sall face à Wade, puis a pris la présidence de l’Assemblée nationale, qu’il a conservée pendant une décennie au sein de Benno Bokk Yakaar.
Idrissa Seck, du PDS à Rewmi puis au retour annoncé
Premier ministre de 2002 à 2004, Idrissa Seck a été limogé puis détenu à partir de juillet 2005 pour des soupçons de corruption et d’atteinte à la sûreté de l’État. Le PDS l’a exclu de ses rangs. Libéré au début de 2006 sans avoir été jugé, il a fondé Rewmi. En janvier 2007, Abdoulaye Wade a annoncé que son ancien protégé acceptait de revenir au PDS. Un rapprochement entre les deux hommes et leurs formations a ensuite été engagé.
Le rapprochement entre Macky Sall et Abdoulaye Wade
Après avoir succédé à Idrissa Seck à la Primature en 2004, Macky Sall a rompu avec Abdoulaye Wade et l’a battu à la présidentielle de 2012. Les deux hommes sont restés brouillés pendant sept ans, notamment sur fond de dossier judiciaire concernant Karim Wade.
Le dégel s’est amorcé le 27 septembre 2019, lors de l’inauguration de la mosquée Massalikoul Djinane, en présence du Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké. Le guide religieux a demandé à Wade de se comporter comme un père pour Macky Sall. Les deux anciens adversaires ont ensuite eu un tête-à-tête au palais, deux semaines après la cérémonie. Ce jour-là, Macky Sall a raccompagné Abdoulaye Wade jusqu’à son domicile dans la voiture présidentielle.





