Je pense qu’avant de parler de deux années perdues dans un souverainisme utopique, il faut quand même rappeler dans quelle situation le Sénégal s’est retrouvé.
Le souverainisme n’a jamais signifié qu’il fallait couper avec le FMI, la Banque mondiale ou les partenaires financiers internationaux. On ne peut pas assimiler le refus, à un moment donné, d’une restructuration de la dette à un refus du FMI ou de la Banque mondiale. Ce sont deux questions différentes.
Mais surtout, lorsqu’on affirme que le Sénégal a perdu deux ans, il faut pouvoir démontrer ce que ces deux années ont concrètement coûté au pays du fait de l’absence de restructuration. Quels indicateurs permettent d’établir qu’une restructuration acceptée deux ans plus tôt aurait effectivement produit un meilleur résultat ?
Oui, le Sénégal a connu de fortes tensions financières, des difficultés de financement et une pression croissante sur sa dette. Mais ces difficultés ne peuvent pas être automatiquement imputées au refus de la restructuration.
Il faut surtout rappeler le point de départ réel.
En arrivant au pouvoir, le nouveau régime n’a pas découvert la situation financière qui avait été présentée officiellement au pays et à ses partenaires. Il a découvert une réalité beaucoup plus lourde : des déficits réévalués, une dette considérablement plus importante et des engagements qui n’avaient pas été correctement déclarés.
Le FMI estime aujourd’hui la dette publique totale à 132 % du PIB à fin 2024 et a lui-même reconnu la nécessité de comprendre comment ces anomalies avaient pu passer inaperçues.
Ces deux années doivent donc être analysées à la lumière de cette réalité. Elles ont notamment été consacrées à établir la vérité des comptes, à mesurer l’ampleur réelle de la dette et à rechercher une stratégie financière adaptée à une situation qui s’était révélée beaucoup plus grave que celle qui avait été présentée.
On peut évidemment discuter des choix économiques qui ont été faits pendant cette période. Mais dire que le Sénégal a perdu deux ans suppose davantage qu’une appréciation politique : cela suppose de démontrer le coût précis de ces deux années et surtout de démontrer qu’une restructuration plus précoce aurait permis d’éviter ces coûts.
À ce jour, ce lien de causalité mérite d’être démontré.
Aujourd’hui, le Sénégal s’engage effectivement dans une restructuration de sa dette dans le cadre du nouveau programme avec le FMI. Mais cela ne permet pas de réécrire les deux années précédentes ni de transformer le refus initial d’une restructuration en preuve d’un rejet du FMI ou de la Banque mondiale.
Le débat économique mérite mieux que des raccourcis : il faut regarder les faits, la chronologie et surtout le point de départ réel.
Hawa Abdoul BA

Le Sénégal est le pays des paradoxes:même un professeur donc un sachant se fait copieusement recadrer par quelqu’un qui a peine est capable de tenir un discours cohérent.cette dame me semble particulièrement impolie et prétentieuse
L’analyse du pr Ndiaye est trop superficielle pour un académicien de sa trempe.Si le souverainisme économique et financier est une utopie alors, cher prof en économie j’ai une préoccupation pour tes étudiants qui doivent profiter de ce contexte pour disposer de tous les courants de pensée pour s’outiller davantage.
Ou bien vous n’êtes pas loin de la retraite académique.