Accord avec le FMI : Diomaye Faye et Cheikh Diba mettent fin à la cavale souverainiste

Le Sénégal a longtemps opposé la souveraineté revendiquée au recours au Fonds monétaire international. L’accord conclu le 1er septembre 2026 sur un programme de 36 mois évalué à environ 2,2 milliards de dollars replace désormais les contraintes financières au centre du débat.

Il s’agit encore d’un accord au niveau des services, qui doit être soumis à l’approbation du Conseil d’administration du FMI. Pour Ndiamé Sakho, cette étape traduit la fin d’une période durant laquelle les slogans ont pris le pas sur les déficits, les échéances de dette, les taux d’intérêt et la confiance des créanciers.

La souveraineté confrontée aux chiffres

En août 2025, Ousmane Sonko, alors Premier ministre, déclarait que « le Sénégal n’a pas besoin du FMI » et que le pays n’attendait plus rien de personne. L’analyse publiée par Senenews oppose cette position à la réalité des comptes publics : un programme précédent de 1,8 milliard de dollars avait été suspendu après la découverte de plus de 11 milliards de dollars de dette non déclarée.

La dette publique avait atteint environ 132 % du produit intérieur brut à la fin de 2024. Dans ce contexte, l’auteur estime que la souveraineté ne peut pas être réduite à l’autosuffisance ou au refus de tout appui extérieur. Elle suppose aussi la capacité de l’État à honorer ses engagements, à maîtriser ses comptes et à préserver sa crédibilité.

Le choix de la transparence

La période durant laquelle Ousmane Sonko dirigeait le gouvernement était marquée par la volonté de financer le projet principalement avec des ressources nationales et de réduire le recours à l’endettement extérieur. Cette orientation s’est heurtée à des besoins de financement élevés, à une dette lourde, à un accès au marché extérieur devenu plus coûteux et à la suspension du programme avec le FMI.

Le président Bassirou Diomaye Faye et l’équipe économique conduite par le ministre des Finances Cheikh Diba sont présentés comme ayant choisi une autre méthode. Le gouvernement a engagé un travail de fiabilisation des données financières et de restauration de la crédibilité de l’État, avant les négociations ayant abouti à l’accord.

L’accord entre le Sénégal et le FMI intervient ainsi après cette démarche de clarification. Dans cette lecture, accepter un programme avec l’institution ne constitue pas un abandon de la souveraineté, mais une manière de choisir les contraintes financières auxquelles le pays peut se soumettre.

Les perspectives restent toutefois tendues : le FMI a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour le Sénégal, à 2,2 % en 2026.

La mission du FMI à Dakar s’est déroulée du 19 août au 1er septembre 2026 sous la conduite de Mercedes Vera Martin.

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