Réuni sous la présidence d’Ousmane Sonko, le Bureau de l’AN vient d’adopter un arrêté qui encadre l’usage et le suivi des dépenses spéciales.
Derrière cette décision, une ligne politique se dessine clairement : l’institution qui vote le budget du pays accepte enfin que ses propres enveloppes discrètes sortent du confort du non-dit.
Longtemps, ces crédits ont occupé un entre-deux trop commode, assez internes pour échapper aux questions, assez sensibles pour justifier le silence. Ce statu quo s’effondre.
Désormais, chaque engagement devra laisser une trace : qui décide, pour quel objet, pour quel montant, et selon quel contrôle. L’argument du « c’est interne » ne suffit plus à refermer le tiroir.
Le geste vaut autant par sa portée symbolique que par sa portée technique. Une assemblée qui exige la rigueur dans la gestion des deniers publics ne peut plus s’accorder le luxe d’un circuit sans adresse.
La cohérence commence par les comptes que l’on gère soi-même.
Des ressources peuvent rester stratégiques. Aucune n’a plus le droit de devenir introuvable.
Fatima NDIATHIE*

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