« Je ne peux pas vous dire ce qui est dans le contenu des déclarations des autres assujettis, à part la mienne », a déclaré le président de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), Moustapha Ka, ce mardi lors d’un point de presse à Dakar.
Cette sortie médiatique visait à éclairer l’obligation de déclaration de patrimoine, rappelant qu’elle découle de conventions internationales, notamment la Convention des Nations unies contre la corruption et celle de l’Union africaine. Au Sénégal, le dispositif existe depuis 2009, a été révisé en 2014, puis actualisé par une loi en 2025. Dakaractu a suivi ce point de presse et en a rapporté les propos.
Moustapha Ka a insisté sur la confidentialité des informations déposées. Il a souligné que les déclarations sont traitées de manière confidentielle et que lui-même ne peut consulter celles des autres assujettis.
Le président de l’OFNAC a également pointé les contraintes de moyens auxquelles son institution fait face. Le département chargé de la déclaration de patrimoine ne compte que quatre agents, pour environ 2 900 assujettis. Pour respecter les délais, les équipes ont travaillé jusqu’à trois heures du matin.
Interrogé sur la publication de la liste des assujettis, il a tenu à préciser qu’il ne s’agit pas d’une volonté de l’OFNAC, mais d’une exigence légale. « Ce n’est pas notre initiative de publier les listes, c’est la loi qui nous impose de le faire », a-t-il martelé, rejetant toute idée de délation ou de discrédit.
Moustapha Ka a aussi évoqué les bénéfices concrets du dispositif pour les déclarants eux-mêmes, comme la clarification de leur situation patrimoniale et la protection des héritiers en cas de décès, ces derniers pouvant consulter la déclaration pour faciliter le partage des biens.
La crédibilité du mécanisme, a-t-il ajouté, envoie un signal positif aux investisseurs étrangers, renforçant l’attractivité économique du Sénégal.
La liste publiée cette semaine reste provisoire. Après contrôle et authentification, la version définitive sera remise au chef de l’État, publiée au Journal officiel et intégrée au rapport annuel de l’institution. D’après l’OFNAC, un rapport provisoire antérieur faisait état de 1 328 défaillants sur 3 023 assujettis, un taux de près de 44 %.
En attendant, le président de l’OFNAC a invité les assujettis qui n’auraient pas retrouvé leur nom à la bonne place à adresser leurs réclamations au département compétent. Tous les agents de l’OFNAC, enquêteurs compris, figurent déjà dans la liste provisoire, en application d’une politique de tolérance zéro en interne.
