Daouda Ngom conteste la fidélité du gouvernement au « Projet », malgré Al Aminou Lô

Le dossier des 20 000 ordinateurs s’est finalement traduit par une aide financière destinée aux étudiants, après plusieurs mois d’attente. Ancien ministre et universitaire, Daouda Ngom conteste toutefois la manière dont le gouvernement met en œuvre le « Projet », alors que le Premier ministre Al Aminou Lô a soutenu l’inverse devant l’Assemblée nationale.

Invité de l’émission Grand Témoin d’Evenprod Media, dans le cadre d’une collaboration éditoriale avec EnQuête+, il a livré une lecture critique des choix économiques et de la gestion des ressources naturelles. Il estime que certaines orientations prises depuis l’arrivée au pouvoir s’éloignent des principes associés à l’aventure politique de Pastef.

La Déclaration de politique générale du Premier ministre constitue le point de départ de cette analyse. Daouda Ngom se dit préoccupé par la référence à un nouvel ajustement structurel et par ses conséquences possibles pour les ménages, les travailleurs et les entreprises. L’accord de principe conclu avec le FMI prévoit un programme de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois, avec des effets attendus sur les politiques de soutien aux ménages. Les subventions à l’électricité devraient ainsi être progressivement réservées aux familles qui en ont réellement besoin, les ménages aisés étant appelés à en sortir. Le ministre Cheikh Diba a également évoqué la possibilité d’une tarification différenciée selon le niveau de consommation ou le revenu. Pour Daouda Ngom, ces choix illustrent l’enjeu d’un ajustement qui ne peut être dissocié de ses effets sociaux. Il défend plutôt l’endogénéisation de l’économie, fondée sur les ressources, les compétences, les entreprises et les capacités de production nationales.

Sur le FMI, il conteste l’idée que les orientations du mémorandum conclu avec le Fonds soient nécessairement conformes au projet porté par Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. À ses yeux, la souveraineté n’exclut pas la coopération internationale, mais exige que les choix économiques restent liés aux intérêts et aux capacités du Sénégal. La question des subventions à l’électricité, comme celle du ciblage des aides, concentre précisément cette tension entre discipline budgétaire et protection du pouvoir d’achat.

Cette conception s’étend au pétrole et au gaz. L’ancien responsable critique certains contrats conclus avec des multinationales et souhaite un rôle accru de l’État dans l’exploitation et la valorisation des ressources naturelles. Il estime notamment que Petrosen doit occuper une place plus importante dans la chaîne de valeur afin qu’une part plus significative de la richesse produite reste au Sénégal.

Daouda Ngom revient aussi sur le dossier des 20 000 ordinateurs. Selon son récit, il a trouvé à son arrivée au ministère des opérations reposant sur des marchés de gré à gré qu’il jugeait irréguliers ou insuffisamment conformes aux règles. Il affirme avoir refusé de les poursuivre et avoir privilégié les procédures ainsi que la transparence.

Alors que son prédécesseur, Dr Abdourahmane Diouf, affirme que les ordinateurs étaient arrivés à Dakar et que Daouda Ngom avait refusé de les réceptionner, celui-ci conteste cette version. Il indique que la livraison était prévue en septembre 2025, mais qu’aucun ordinateur n’a été livré jusqu’en mars 2026 après sa prise de fonction le 16 septembre. Il se dit prêt à répondre aux membres de la commission d’Enquête de l’Assemblée nationale et affirme disposer des documents nécessaires pour établir qu’il n’a enfreint aucune règle.

La Direction des bourses a alloué 250 000 francs à chaque étudiant sur autorisation des autorités compétentes.

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