Dakar et Thiès : 50 acteurs communautaires formés pour lutter contre les violences numériques

50 acteurs communautaires ont achevé quatre jours de formation consacrés à la sécurité numérique et à la protection des droits humains, à Dakar et à Thiès.

La session s’est tenue en deux étapes. Trente-trois participants ont été formés à Dakar lundi et mardi, puis 17 autres ont suivi la formation à Thiès jeudi et vendredi. Les bénéficiaires sont issus des radios communautaires, du mouvement associatif et des organisations communautaires de base.

Cette formation sur les violences numériques au Sénégal devait favoriser une action coordonnée des acteurs locaux par la sensibilisation. Ces violences comprennent notamment les insultes, les agressions et le harcèlement commis contre une personne ou un groupe au moyen d’Internet, des réseaux sociaux ou d’autres outils électroniques. L’ampleur du phénomène se mesure aussi à travers les dossiers de diffusion de vidéos intimes sans consentement : depuis 2018, la division spéciale de lutte contre la cybercriminalité en a enregistré près de 5 000. Pourtant, en 2025, la Commission de protection des données n’a traité que 456 dossiers, dont seulement 20 plaintes formelles, ce qui souligne la difficulté pour les victimes de signaler les faits et d’engager des démarches.

L’initiative a été portée par un consortium réunissant Afia FM, Manooré FM et Thiorkat FM, en collaboration avec l’ONG Avocats sans frontières. Les trois radios sont dirigées par des femmes.

Diaw Diop, directrice de Thiorkat FM et membre du consortium, a présenté les bénéficiaires comme « 50 ambassadrices et ambassadeurs » formés dans les deux villes. Selon l’APS, elle a expliqué que la formation leur avait fourni des outils pour lutter contre les violences en ligne, renforcer la sécurité numérique et promouvoir les droits humains (Fatoumata Aw).

Les participants sont appelés à restituer ces connaissances sur le terrain. Ils devront informer les populations, les aider à se protéger des violences numériques et contribuer à l’orientation des victimes, notamment vers les dispositifs de signalement et de prise en charge. La Police nationale a lancé une plateforme de signalement en ligne destinée à faciliter le dépôt et le traitement des plaintes liées au cyberharcèlement ainsi qu’aux violences faites aux femmes et aux mineurs.

Diaw Diop a relevé que l’espace numérique est marqué par de nombreuses violences aux conséquences pouvant aller de la dépression et de la perte de confiance en soi jusqu’au suicide. Elle a aussi souligné que certaines victimes ne mesurent pas toujours ce qu’elles subissent.

Fatoumata Aw, bénéficiaire et membre d’une organisation qui gère un centre d’accueil pour filles et femmes victimes de violences, a salué une formation utile aux associations qui accompagnent les personnes vulnérables. Elle prévoit de partager les connaissances acquises avec les membres de son association et avec d’anciennes survivantes.

Les outils transmis doivent notamment servir à protéger les survivantes de violences numériques et à préserver leur santé. Mme Aw a indiqué que les anciennes victimes encore en réinsertion seraient réunies au centre afin d’être accompagnées sur le plan numérique.

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